23 juillet 2026

Notre agriculture mérite mieux que l’urgence permanente

Edito de Gilbert LE GOFF, Président de la FDSEA 29

Températures record, sécheresse, violents orages… Ces dernières semaines, les exploitations finistériennes ont fait face à des difficultés inédites, avec des conséquences importantes sur les animaux, les cultures, les conditions de travail et l’organisation quotidienne. Ces épisodes sont la preuve que les crises climatiques ne sont plus du domaine de l’exception. Elles vont s’installer durablement et toucher toutes les productions, animales comme végétales.

Dans ce contexte, notre agriculture a besoin de cohérence et avant tout de pragmatisme. La situation chaotique de l’équarrissage au début du mois de juillet l’a largement démontré. Pourquoi continuer à gérer ces crises dans l’urgence alors qu’elles auraient dû être anticipées, comme nous l’avions demandé à plusieurs reprises ?

En effet, la FDSEA du Finistère alerte depuis longtemps les pouvoirs publics sur la nécessité de préparer les futures crises sanitaires et climatiques. L’an dernier déjà, dans le cadre des réflexions sur le risque de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), nous avions demandé que des sites d’enfouissement potentiels soient identifiés en amont afin de disposer de solutions opérationnelles en cas de crise. Aujourd’hui, nous constatons que les mêmes questions se posent… sans réponses concrètes. Résultat : on se retrouve à gérer la situation dans l’urgence, faisant peser le risque sanitaire sur des agriculteurs déjà durement éprouvés !

Tout au long de ces dernières semaines, la FDSEA du Finistère a été pleinement mobilisée auprès des services de l’État pour faire remonter les difficultés du terrain et trouver des solutions. Un travail certes discret, mais pourtant indispensable ! C’est cette présence régulière et cette crédibilité construite dans la durée qui nous permettent aujourd’hui d’être entendus et de défendre efficacement les intérêts des agriculteurs.

Je tiens également à saluer le professionnalisme des agriculteurs qui, malgré les difficultés, ont su agir avec responsabilité et sang-froid.

Mais anticiper, c’est aussi permettre à nos exploitations de s’adapter aux nouvelles réalités climatiques. Nos bâtiments doivent évoluer pour mieux protéger les animaux lors des épisodes de forte chaleur. Or nous nous heurtons trop souvent à des blocages administratifs ou des attaques judiciaires qui ralentissent, voire empêchent, des projets pourtant indispensables. Le paradoxe est saisissant : ceux qui dénoncent aujourd’hui des bâtiments insuffisamment adaptés sont les mêmes qui s’opposent constamment aux travaux qui permettraient précisément de les moderniser.

Sur ce point précis, la loi d’urgence agricole, définitivement adoptée par le Parlement ce mardi 21 juillet, doit désormais devenir un véritable levier pour nos exploitations. Attendue de longue date, elle doit permettre de simplifier, de sécuriser et d’accélérer les projets indispensables à l’adaptation de nos fermes, à la modernisation de nos bâtiments et à la protection de nos productions face aux aléas climatiques et sanitaires. Nous serons particulièrement vigilants à ce qu’elle produise des effets concrets sur le terrain, au service des agriculteurs et de leurs besoins réels.

Plus que jamais, notre agriculture doit pouvoir se projeter pour être capable de faire face aux défis de demain. Donner aux agriculteurs les moyens de produire, d’investir, d’innover et de transmettre, c’est faire le choix d’une agriculture finistérienne forte, résiliente et tournée vers l’avenir !