5 juin 2025

Ne laissons pas les autres parler pour nous !

Edito de Jean-Alain DIVANAC’H, Président de la FDSEA 29

Ces dernières semaines, l’actualité de notre réseau a été dominée par un sujet central : l’examen à l’Assemblée nationale de la proposition de loi Duplomb, visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur. Cette loi, c’est une réponse concrète aux mobilisations de l’année 2024. Bien qu’elle demeure incomplète, elle reprend de nombreux engagements du Gouvernement de l’époque pour sortir de la crise. Elle répond avant tout aux préoccupations concrètes des agriculteurs sur tout le territoire, en s’attaquant notamment à la surtransposition et à la suradministration, et contient des enjeux particulièrement cruciaux pour nos élevages.

Sans grande surprise, le texte s’est (encore une fois !) heurté à une forte opposition de certains groupes situés à gauche de l’échiquier politique. Pas moins de 2 500 amendements déposés, allongeant la durée d’examen du texte à 3 semaines au minimum : impossible donc d’aller au bout de son examen ! Face à cette impasse, nos réseaux FNSEA/JA ont appuyé la proposition gouvernementale de rejet du texte en incitant les députés à voter cette motion, pour que le projet ne soit pas tout simplement enterré, mais plutôt étudié en commission mixte paritaire au plus vite.

Le traitement médiatique autour de ce texte, cependant, nous interpelle. Une fois de plus, la plupart des médias adoptent un angle à charge contre le monde agricole. Les messages relayés sont souvent réducteurs : à les entendre, le texte ne porterait que sur les pesticides et le stockage de l’eau, dessinant un clivage simpliste entre un supposé « camp du bien » et un « camp du mal ». Cette vision caricaturale occulte la complexité des enjeux et balaie d’un revers de main toute approche fondée sur des faits ou des données scientifiques. Impossible de ne pas faire un parallèle avec le chantier de l’autoroute A69, bloqué par des recours multiples et largement critiqué dans le débat public, où la parole semble réservée aux opposants, au détriment d’une analyse équilibrée.

Dans ce contexte, un constat s’impose : il est essentiel que les agriculteurs s’investissent dans la défense de leur métier et de leur activité. Cet engagement commence dès le niveau local. Les élections municipales prévues en début d’année prochaine seront une occasion déterminante : il est crucial que des agriculteurs siègent dans les conseils municipaux. Au-delà de notre participation dans diverses instances de la société civile, il est tout aussi essentiel de continuer à s’investir activement dans nos organisations professionnelles.

À cet égard, les élections MSA sonnent comme un signal d’alerte. La participation, dans notre département comme au niveau national, est en net recul par rapport au précédent scrutin. Cette faible mobilisation s’accompagne d’un manque de candidatures : certains cantons du Finistère se retrouvent ainsi sans délégué, faute de volontaires – une situation regrettable. Ce désengagement peut sans doute s’expliquer en partie par la proximité temporelle avec les élections aux Chambres d’agriculture, qui a pu brouiller les messages. Il n’en reste pas moins que nous devons, collectivement, faire preuve de vigilance et d’engagement, pour conserver un guichet unique que beaucoup nous envient.

Ce sont les agriculteurs d’aujourd’hui qui construiront l’agriculture de demain. C’est par notre engagement que nous pourrons susciter des vocations et attirer les jeunes vers nos métiers. C’est aussi par notre capacité à investir que nous assurerons la pérennité de l’agriculture finistérienne, dans toute sa diversité.

Dans cette perspective, je tiens à réaffirmer l’importance pour notre réseau FDSEA de disposer de structures locales et cantonales solides, ancrées dans les réalités du terrain et mobilisant un maximum d’adhérents. C’est collectivement, et en restant unis, que nous pourrons relever les défis à venir !