Oser, innover, s’engager : l’agriculture que nous voulons
Edito de Gilbert LE GOFF, Président de la FDSEA 29
Le congrès de la FNSEA, qui s’est tenu du 31 mars au 2 avril dernier, restera, une fois encore, un moment fort de la vie de notre réseau pour notre délégation bretonne. Un temps de retrouvailles, d’échanges, mais surtout de vision collective dans l’avenir !
Cette année, ce rendez-vous avait une résonance particulière avec la célébration des 80 ans de la FNSEA. 80 ans d’engagement, de combats et de structuration d’un réseau profondément démocratique, qui n’a jamais été autant nécessaire qu’aujourd’hui. Se replonger dans notre histoire n’est ni de la nostalgie, ni un détour inutile : c’est une boussole. Elle nous rappelle une évidence fondamentale : sans le collectif, nous ne sommes que peu de choses. C’est ensemble que nous avons construit, et c’est ensemble que nous construirons l’avenir de notre agriculture !
Ce congrès a également été marqué par le renouvellement des instances nationales. Je tiens à saluer la réélection de Jean-Alain DIVANAC’H au conseil d’administration de la FNSEA. Sa présence est un relais précieux pour porter haut et fort la voix des agriculteurs finistériens dans les débats nationaux. Autre évolution notable : la féminisation croissante de nos instances, portée avec détermination par la commission nationale des agricultrices. Une dynamique essentielle !
Au cœur de nos échanges, un sujet majeur a été évoqué : celui de la responsabilité. La responsabilité que nous portons n’est pas individuelle, elle est collective. Elle est l’addition de nos forces, de nos engagements, de nos convictions. Dans un monde agricole confronté à des défis toujours plus complexes, cette responsabilité partagée est notre plus grande richesse.
Les travaux du congrès ont également mis en lumière une évolution profonde de notre société : une opinion publique de plus en plus polarisée, où l’émotion — et trop souvent la peur — prend le pas sur la raison. Cette transformation de la société, nous ne l’avons pas choisie, et trop souvent, nous en subissons les effets. Pour autant, il n’est pas question de rester spectateurs. Ne laissons pas la peur dicter notre avenir ni restreindre nos ambitions. Au contraire, affirmons notre volonté d’avancer, d’innover et de construire. Comme l’a rappelé Arnaud Rousseau, « osons engager une véritable révolution copernicienne : privilégier l’engagement à la norme, et remplacer le principe de précaution par un véritable principe d’innovation ». Car notre agriculture a besoin de confiance, d’audace et de perspectives !
Dans le même temps, le contexte géopolitique et ses conséquences économiques étaient dans tous les esprits. Et pour cause : ils impactent directement nos exploitations, nos revenus, nos choix d’entreprise aussi. Face à cela, les réponses apportées par les pouvoirs publics, dont la ministre Annie GENEVARD s’est fait la porte-parole, restent largement insuffisantes. L’absence de mesures à la hauteur nourrit une colère légitime. La politique de souveraineté alimentaire tant attendue semble bien loin… Plus que jamais, nous avons besoin de visibilité, de stabilité et surtout d’une véritable politique de fixation des prix pour faire face aux dérèglements économiques autant que climatiques.
Dans ce contexte exigeant, une chose est claire : nous devons continuer à nous mobiliser. À nous organiser. À faire entendre notre voix. Communiquons positivement sur notre métier, sur nos savoir-faire, sur notre engagement quotidien. Prenons toute notre place dans le débat public. Ne laissons pas d’autres parler à notre place, avec des visions déconnectées de nos réalités et souvent empreintes d’idéologie.
Notre profession est belle. Elle est essentielle. Elle mérite d’être défendue avec fierté et détermination. Plus que jamais, comptons sur notre force collective. Ensemble !



