8 décembre 2022

Édito par Jean-Alain Divanac’h : Quelle vision stratégique ?

Quelle vision stratégique ?

 

Comme chacun peut le constater chaque jour, l’inflation touche tout le monde de plein fouet, particuliers comme professionnels. L’agriculture n’y échappe pas. Hausse du coût des matières premières, de l’énergie, des engrais, de l’alimentation animale… toutes les filières agricoles sont fortement impactées par la flambée des coûts !

En plus d’alourdir les charges pour les exploitations, la hausse des coûts de l’énergie se révèle d’un impact considérable pour la production française ; elle induit en effet la perte d’un avantage concurrentiel qui s’expliquait auparavant par des prix de l’énergie moindres par rapport aux autres pays. À tous les politiques, que faites-vous pour défendre cet avantage concurrentiel bénéfique pour la France ? Nos concurrents européens ont d’ores et déjà mis en place des mesures drastiques pour bloquer ce coût !

La stratégie « industrielle » de l’État français ne peut que nous interroger. Que ce soit pour le nucléaire, d’autres industries lourdes ou encore l’énergie, on observe des orientations prises par simples intérêts politiques, tout comme on peut voir une administration qui met en œuvre des stratégies des moins lisibles ; le tout peut-être en contradiction avec l’intérêt de l’État ! Notre agriculture semble subir les mêmes affres. Nous continuons à nous interroger des conséquences sur la production française et sa place stratégique dans un contexte où les cartes sont redistribuées en permanence. Nos activités se construisent à long terme. Toute décision a des impacts, qui trop souvent affaiblissent les filières ou démotivent les porteurs de projets . Ainsi, les risques de pénurie alimentaire perceptibles ces temps-ci ne sont que des conséquences de choix passés !

Si l’on se penche sur les précédents rapports d’orientation de la FDSEA, on remarque une constance dans notre vision de l’avenir, vision qui se confirme d’autant plus avec la conjoncture actuelle. L’agriculture que l’on défendait et que l’on défend toujours, à savoir une agriculture viable, vivable et durable, est souvent méprisée au profit d’une agriculture de subsistance, de marchés de niche et d’une prétendue « montée en gamme ». Nous défendons une production de qualité à un prix raisonnable. Comment peut-on parler de souveraineté alimentaire et accepter dans le même temps que notre compétitivité agricole ne soit plus qu’un lointain souvenir avec des importations en masse de produits agricoles ne répondant pas aux contraintes que l’on impose ici ?

Il n’est jamais bon d’avoir raison trop tôt ! « Sauvons la puissance de production de l’agriculture finistérienne ! », le titre de notre rapport d’orientation 2022, reste particulièrement d’actualité ! À tous les politiques, il est encore temps de réagir, donnez-nous les conditions d’exercer notre métier avec fierté avec une rémunération nous permettant d’investir dans nos outils de production pour être encore là demain !