Construire plutôt que subir : le collectif est notre force
Edito de Gilbert LE GOFF, Président de la FDSEA 29
Le début de l’année 2026 n’a pas épargné notre agriculture finistérienne, entre une météo exceptionnellement pluvieuse et une conjoncture économique atone.
Les pluies incessantes ont saturé les sols, compliqué les épandages et retardé les chantiers. Dans l’instant, et comme c’est le cas depuis des années, nous faisons des efforts considérables pour limiter les impacts sur l’environnement, entre mises aux normes, investissements lourds et adaptation permanente de nos pratiques. Et pourtant, dans le même temps, que constate-t-on ? Des stations d’épuration qui débordent, des eaux usées qui se retrouvent mélangées aux eaux pluviales, des réseaux d’assainissement dépassés par les épisodes climatiques. Nous, agriculteurs, ne pouvons pas être les seuls à qui l’on impose un tel niveau d’exigence, quand d’autres font bien moins d’efforts que nous. Il ne peut pas y avoir deux poids, deux mesures !
Au-delà de la météo, l’ensemble de nos filières est concerné par une conjoncture économique difficile. Les prix restent volatils, les charges élevées, et le bout du tunnel peine à se dessiner. À cela s’ajoute le poids d’une suradministration qui étouffe les initiatives. Nous devons continuer à travailler avec l’administration, notamment au niveau départemental, pour simplifier les règles et les rendre plus pragmatiques. Exiger, c’est bien. Construire, c’est mieux !
Les autres acteurs économiques doivent également prendre leurs responsabilités. La souveraineté et la sécurité alimentaires supposent des engagements concrets. Les politiques ont leur part à assumer, en particulier dans les commandes pour la restauration hors foyer. Servir des produits importés quand nos productions locales sont disponibles, c’est fragiliser nos fermes et notre territoire. Le rôle du syndicalisme est de rappeler les engagements et de pousser chacun à agir !
Ces derniers jours, le Salon international de l’agriculture a remis notre métier sous les projecteurs. Comme chaque année, les responsables politiques ont défilé et multiplié les discours. C’est certes important, mais nous ne pouvons pas nous contenter de cette parenthèse. Il ne faudrait pas que la vague du salon retombe et que l’on nous oublie jusqu’à l’an prochain ! C’est pourquoi le printemps devra être une période d’initiatives et de propositions. Car si nous ne sommes pas force de proposition, personne ne le sera pour nous !
Les élections municipales qui approchent auront, à ce titre, une importance majeure. Nous devrons nouer rapidement des relations de travail constructives avec les communes et les intercommunalités. L’eau, l’urbanisme, la restauration collective : autant de décisions locales aux conséquences directes sur nos exploitations. À nous de faire entendre notre voix et de porter des solutions concrètes !
À la FDSEA, nous avons renouvelé nos responsables ces dernières semaines. Une équipe motivée, unie, déterminée à défendre chaque production et chaque territoire, en s’appuyant sur l’ensemble de notre réseau, des cantons aux communes, est depuis au travail. C’est collectivement que nous pèserons !
Malgré les difficultés, je veux saluer votre engagement à vous, adhérents. Vous investissez, vous innovez, vous gérez vos exploitations avec professionnalisme et courage. Plus que jamais, restons solidaires, offensifs et fiers de notre métier. L’agriculture finistérienne a des atouts immenses. Ensemble, donnons-lui l’avenir qu’elle mérite !



