Historique du syndicalisme finistérien
Années 55 – 60 : La naissance du syndicalisme Finistérien
La FDSEA du Finistère a été créée en
1947 . Son premier président fut Guillaume PEREZ de
Bannalec.
Le syndicalisme agricole, sous l'impulsion
d'Alexis Gourvennec, s'organise par quartier, puis par arrondissement :
c'est l'origine de la gouvernance pyramidale de la FDSEA du
Finistère.
A la fin des années 50, après avoir été aux
mains des notables pendant une 10aine d'année, la FDSEA se démocratise
sous la présidence de Jean Mevellec , et augmente fortement son nombre
d'adhérents.
Le CDJA (Centre départemental des
Jeunes Agriculteurs) est crée, lui, en 1958 . Son premier président fut
Jean Le Bras.
Années 60-62 : Les lois d'orientation agricoles et le désenclavement de la
Bretagne
Les lois d'orientation agricole sont insufflées
par le syndicalisme. Le désenclavement de la Bretagne commence. Les objectifs
sont :
-
L'automatisation du téléphone,
-
La construction des voies
express,
-
Le creusement du Port de Roscoff en eau
profonde,
-
La mise en place de l'Université de
Brest,
-
La construction d'une plate-forme
industrielle (seul projet qui n'a pas vu le jour).
Le mot d'ordre de l'époque était : " Il
n'y aura pas d'agriculture prospère dans une économie régionale en
décadence ".
A cette époque, dès la mise en place des lois
d'orientation, deux courants se côtoient dans le syndicalisme agricole
:
-
Un courant majoritaire qui
a initié ces lois pour la modernisation et l'adaptation de
l'agriculture.
-
Un courant parallèle
minoritaire qui considère que le paysan est plus proche du
prolétaire : les relations avec les organisations économiques sont celles
de salariés/entreprises. Les marchés doivent être organisés par
l'Etat.Ce courant se développera au sein du CDJA puis de
la FDSEA.
Années 60-70 : Des points de vue qui divergent de plus en plus
Les syndicalistes des années 50-60 se sont peu à
peu retirés des responsabilités syndicales pour prendre des responsabilités
économiques.
Le divorce s'accentue avec les
fameux " marathons " agricoles :
-
Le national demandait la mobilisation
des producteurs pour l'augmentation des prix agricoles au niveau de
Bruxelles.
-
Les producteurs demandaient alors les
répercussions intégrales sur les cours des produits sans s'intéresser
réellement aux marchés et à la place de leurs entreprises sur ces
marchés.
Années 70 – 84 : La FDSEA est alors dirigée par les paysans
travailleurs
La FDSEA du Finistère est alors dirigée par les
paysans travailleurs. La FDSEA reste toujours adhérente à la
FNSEA mais elle est dissidente des positions majeures
de la FNSEA. Elle travaille de
façon interdépartementale , notamment avec le Morbihan et la
Loire-Atlantique. Le Conseil d'administration de la FDSEA, officiellement
unitaire, a aini en son sein deux lignes d'orientation et les débats sont
houleux en interne.
Les faits marquants :
-
C'est l'époque de la révolution fourragère
et de la mise en place des plans de développement.
-
En 1970, le Finistère comptait 34 000
producteurs de lait.
-
En 1972, c'est la Grève du
lait à l'initiative du courant "Comité de Redon " (Finistère,
Morbihan et Pays-de-la-Loire) appartenant à
l'" interdepartemantal ".
-
A partir de 1975 : le syndicalisme
finistérien revient progressivement dans le giron de la
FNSEA à travers le CDJA
.
-
En 1976, la France devient structurellement
exportatrice.
-
En 1978, la taxe de coresponsabilité (lait)
décidée par Bruxelles est farouchement combattue par l'
" interdépartemental ".
1983 : De fortes tensions aux élections Chambre d'agriculture
De fortes tensions co-existent entre les
différentes tendances dans le Finistère. Quatre listes se présentent aux
élections :
-
la liste CDJA menée par Jos Le
Breton,
-
la liste FDSEA menée par Guy Le Fur (dont
faisaient partie René Quéméré et Jean-Paul Bizien),
-
la liste " Paysans travailleurs " menée par
René Ferec,
-
la liste MODEF menée par François
Traon.
Jos LE BRETON emporte l'élection à 1
siège près .
Mai 1984 : Scission au sein de la FDSEA
C'est l'époque de la mise en place des quotas
laitiers. A l'appel de la FNSEA, une
manifestation est organisée à Laval pour demander au gouvernement
français d'abonder l'enveloppe européenne destinée à financer les cessations
laitières.
Le Président de la section laitière demande en
Conseil d'administration d'organiser l'appel à la mobilisation. Raymond Hénaff,
alors Président de la FDSEA à la suite de Guy Le Fur, informe que le Bureau en
avait discuté le matin : le Bureau de la FDSEA a décidé de ne
pas mobiliser .
Le Président de la section laitière
demande le vote du Conseil d'administration : le Bureau est mis en
minorité .
Les minoritaires, qui étaient
contre la " restructuration ", décident alors de quitter la
FDSEA, et créent l'UDSEA qui se ralliera à la Confédération Paysanne en
1987.
Le nouveau Président de la FDSEA est
Guillaume Roué qui représentait alors le CDJA au sein du Conseil
d'administration FDSEA.
1991 : Changement de Président à la Chambre d'agriculture
Jos Le Breton devient Président de COOPAGRI et
quitte le poste de Président de Chambre d'agriculture, et propose Guillaume Roué
pour lui succéder. Guillaume Roué devient Président et Gildas
Conanec devient Secrétaire de la Chambre d'agriculture du Finistère.
1995 : La Chambre d'agriculture devient d'obédience Confédération
paysanne
Les paysans du Finistère votent
majoritairement contre la liste FDSEA , alors caricaturée comme de
" mouvance libérale porcine ".La FDSEA et le CDJA
se retrouvent au sein de la Chambre d'agriculture avec :
-
4 élus au Collège exploitants : Guillaume
Roué, Gildas Conanec, Jean-Alain Divanac'h et Gilbert Milin.
-
2 élus au Collège des organisations
syndicales : Thierry Merret et Jean Tromeur.
1995-2000 : Le temps de la reconstruction
1995 : le séisme est grand pour tous
Au sein de la FDSEA, alors présidée par Gilbert
Milin, le séisme est grand pour tous. Certains
administrateurs souhaitent évincer les éleveurs de porcs de toute responsabilité
syndicale .
En 1995, lors de l'élection du
Conseil d'administration, un éleveur de porcs est élu Secrétaire Général. Un
administrateur fait alors une intervention pour reprocher le type de la
production et la taille de l'exploitation de ce producteur.L'éleveur démissionne. Il n'y aura pas de Secrétaire général pendant 1
an.
1996 : Un nouveau bureau est constitué
Alors que l'ambiance est délétère, un nouveau
bureau voit le jour. Le Président est Gilbert Milin , le
Secrétaire général est François Palut et le trésorier est Thierry
Merret.
En Octobre 1996, la FDSEA se sépare de
son Directeur pour faute lourde (détournement avéré de près de
200 000 F et mauvaise gestion).
La FDSEA du Finistère se retrouve sans
Directeur, en situation de dépôt de Bilan.
1997 : La priorité est à la remise à flot financière avec l'équipe
administrative.
Il faudra une année complète pour remettre la
FDSEA sur les "rails" :
-
Effacement ou étalement des
dettes.
-
Emprunt sur 10 ans.
-
Réforme du barème des cotisations
syndicales.
-
Réorganisation administrative et
développement des prestations de service payantes.
-
Mise en œuvre d'une véritable stratégie
d'opposition professionnelle vis-à-vis de la Chambre d'Agriculture et de
l'UDSEA – Confédération Paysanne.
1998 : Gilbert MILIN souhaite passer la main
Un nouvelle équipe voit le jour autour
de Jacques Jaouen , devenu Président. Le Conseil d'Administration est
renouvelé (arrivée d'une grande partie de l'équipe CDJA des années 90 - 94). Le
Secrétaire général est Thierry Merret et le Trésorier est Michel Adam.
-
Réorientation syndicale, à travers un
rapport d'orientation "L'agriculture en danger ? Propositions pour un
pacte moral" qui fonde les bases de l'action syndicale des années
suivantes.
-
Création d'un poste d'animateur syndical,
chargé de la communication interne et externe.
-
La presse quotidienne tronquant les messages
de la FDSEA du Finistère, décision de l'envoi d'une lettre mensuelle
(recto-verso) à tous nos adhérents.
1999 : les 1ers Etats Généraux des Agriculteurs du Finistère
Toujours minoritaire à la Chambre d'Agriculture,
et non soutenue par la presse départementale, la FDSEA, à la demande de son
Conseil fédéral, rallie le soutien de toutes les organisations économiques et
organise les 1ers Etats Généraux des Agriculteurs du Finistère, le 24
novembre 1999. Alors que les secteurs volailles, légumes et porcs
traversent une conjoncture difficile, plus de 5 000 paysans se rassemblent
dans le calme pour dire leur fierté d'être paysans et faire part de leurs
doléances :
-
La reconnaissance du rôle économique et
social des paysans du Finistère et de leur identité.
-
Le droit à la liberté d'entreprendre, une
agriculture moins administrée.
-
Le droit à un revenu provenant de la
rémunération des produits agricoles.
-
La mise en place de règles d'équité
internationales, marchandes, qualitatives, environnementales et
sociales.
2000 : Suite aux Etats Généraux
-
La FDSEA élabore un vaste projet de
communication régionale, afin de promouvoir les paysans et leur métier.
L'ensemble des organisations économiques approuve le projet, mais ne fait pas
le pas de le financer.
-
La FDSEA embauche un animateur dont la
mission est de redynamiser le réseau des syndicats locaux et
cantonaux.
-
La FDSEA passera de 2 000 adhérents en 1999
à 3 400 en 2003.
2001 : Victoire de la liste menée par la FDSEA et le CDJA aux élections
Chambre d'agriculture
Grâce à un travail de terrain de 3 ans, à une
défense efficace des paysans, à une campagne électorale de proximité (80
réunions locales en 3 semaines) et à la constitution d'une liste
représentative, la liste "Finistère d'Avenir" menée par la FDSEA et le
CDJA remportent haut la main les élections Chambre d'Agriculture du 31
janvier 2001 : 6 085 voix, soit 63,29 % des suffrages ,
avec un taux de participation de 71,25 %.
Jacques Jaouen devient Président de la
Chambre d'agriculture et Michel Adam, Président de la FDSEA
.
La perte en 1995 de la Chambre d'agriculture,
interlocuteur privilégié des Pouvoirs publics, a eu des conséquences fâcheuses
pour l'agriculture et l'agro-alimentaire finistérienne et bretonne : notamment,
l'application de la circulaire Voynet – Le Pensec et la fragilisation politique
de la Bretagne agricole.
2001 - 2005 : La FDSEA s'affirme comme force de proposition et de
revendication
-
La FDSEA s'affirme comme force de
proposition et de revendication , à côté d'une Chambre d'Agriculture
qui joue pleinement son rôle consulaire de vulgarisation et de représentation
du monde agricole.
-
La FDSEA renforce son action
syndicale , sur le plan local, départemental et
régional.
-
En 2003, la FDSEA investi dans la
communication de réseaux agricole et non agricole par une prise
de participation majoritaire au sein de la SOPROMAB (Forum " Agriculture et
Société " à Brest).
-
En 2005, la FDSEA décide de
renforcer son réseau syndical en créant une Commission " Vie de
réseau ".
2005 : Michel Adam passe le relais à Thierry Merret
Thierry Merret devient Président de la
FDSEA et Michel Adam, qui avait souhaité passer la main, en devient
1er vice-Président. Le Secrétaire général est Ronan Le Meur et le
Trésorier est Gilles Tanguy.
La FDSEA réforme alors son barème de cotisation
syndicale en le basant sur le statut juridique de l'exploitation. Afin
d'améliorer la notoriété et l'image de marque de l'adhésion syndicale,
la FDSEA met en place la carte " Moisson ", crée un
site internet et un site extranet pour ses adhérents, et renforce la
qualité de ses services à l'adhérent .
Enfin, la FDSEA complète ses compétences en
matière de droit communautaire et de droit des contrats qui
doivent permettre d'affiner nos réflexions et nos orientations.
En 2007, la liste menée par la FDSEA et le CDJA
remporte les élections Chambre d'agriculture.
Depuis 2002, la FDSEA se met à jour de ses
cotisations nationales, ce qui lui permet d'avoir en 2008, via des mandats
régionaux, un administrateur à la FNSEA ainsi que 11 représentants dans les
commissions de la FNSEA ou dans les Associations spécialisées. Une
représentation nécessaire pour être écouter.
Aujourd'hui, le mot d'ordre est : " Il n'y
aura pas d'économie régionale prospère avec une agriculture en
décadence. "