Fermiers : Comment fixer le
montant du loyer ou comment le réviser ?
La loi prévoit que, lors de la
conclusion d’un bail rural, les parties doivent fixer le loyer en monnaie, entre
des maxima et des minima qui sont arrêtés par le préfet et ce, en fonction de
critères qualitatifs : état et qualité des sols, état des
bâtiments.
Les
maxima et minima, arrêtés par le préfet, après avis de la commission
consultative départementale des baux ruraux servent à fixer dans le contrat de
bail nouveau, la valeur locative du bien loué, et à réviser les éventuels
fermages anormaux des baux en cours, suivant l’article 411-13 du Code Rural. Si
ces normes n’ont pas
été respectées lors de la conclusion du bail, la révision du prix est possible
courant de 3ème année du bail initial ou du bail renouvelé. Au moment
du renouvellement, il est également possible d’agir en fixation du prix du bail
renouvelé.
Le préfet, chaque année, actualise ces maxima et minima
en fonction de l’indice des fermages. En application de la réforme initiée par
la Loi de Modernisation de l’Agriculture, la LMA de juillet 2010, l’indice des
fermages 2010 est national et en baisse de
1,63%.
L’arrêté préfectoral du 1er
octobre 2010
S’agissant
des baux en cours au 30 septembre
2010,
un arrêté préfectoral signé le 1er octobre
2010, a pour objet d’actualiser les maxima et minima qui leur sont
applicables : soit – 1,63% par rapport à 2009 (Voir tableau 1 ci-dessous).
S’agissant des nouveaux baux conclus à compter du
1er Octobre 2010, le Préfet a décidé de réexaminer les maxima et
minima, après avis de la commission consultative paritaire des baux
ruraux.
C'est l'objet de
l'article 3 et de l'annexe II de
l'arrêté préfectoral, signé le 1er octobre 2010 (Voir tableau 2 ci-dessous) qui
prévoit une réévaluation des bases des
maxima et des minima applicable aux baux nouveaux signés à compter du 1er
octobre 2010, ainsi qu’aux baux arrivés au terme de leur durée contractuelle,
soit donc à leur renouvellement.
La détermination de la valeur
locative d’un bien
Une
notation en points permet de déterminer la valeur locative des terres, des
bâtiments traditionnels, des bâtiments spécialisés (étable vaches laitières,
bovins à l’engrais) et des bâtiments hors-sol (porcherie, poulailler, étable à
veaux de boucherie).
S’agissant des terres, l’ensemble des parcelles louées est divisé en
îlots de culture, chaque îlot étant constitué soit par une ou plusieurs
parcelles cadastrales comparables et contiguës, soit par une partie de parcelle
cadastrale lorsque celle-ci n’est pas homogène. Aucune distinction n’est faite
entre terres labourables et prairies.
La
valeur locative des terres est déterminée en tenant compte des différents
éléments énumérés ci-dessous.
Qualité et état du
sol
Selon leur qualité et leur état à l’entrée en jouissance, les sols sont
répartis en quatre classes, une note étant donnée à chaque
îlot.
Première classe : 38 à 62 points par
ha
-
terre franche pouvant être travaillée jusqu’à une profondeur de 30 cm
et plus sans difficulté particulière, sans modifier l’apparence du sol et sans
nuire à sa qualité ni à sa composition,
-
sol apte à supporter les instruments de culture classiques et le
pâturage des bovins pendant toute l’année, lorsque les conditions climatiques
sont normales pour la saison,
-
sol sur lequel pourront être implantées toutes les cultures
habituellement pratiquées dans la
région,
-
sol ne contenant pas de pierres ou pouvant contenir quelques pierres
sans que leur nombre et leur taille ne nécessite le recours à un épierrage
après des façons culturales
soignées.
Deuxième classe: 13 à 37 points par
ha
-
terre pouvant être travaillée jusqu’à une profondeur de l’ordre de 16 à
30cm, sans difficulté particulière, sans modifier l’apparence du sol et sans
nuire à sa qualité ni à sa composition,
-
sol apte à supporter les instruments de culture classiques et le
pâturage des bovins pendant 9 mois de l’année, lorsque les conditions
climatiques sont normales pour la
saison,
-
sol apte à produire de bonnes cultures
fourragères,
-
sol pouvant contenir des pierres, à condition qu’elles ne gênent pas la
réalisation des façons culturales, ou les pierres ne devront pas être trop
importantes afin que le sol soit apte à recevoir des façons culturales
régulières.
Troisième classe: 5 à 12 points par
ha
-
terre pouvant être travaillée jusqu’à une profondeur de l’ordre de 5 à
16 cm, sans difficulté particulière, sans modifier l’apparence du sol et sans
nuire à sa qualité ni à sa composition,
-
sol apte à supporter les instruments de culture classiques et le
pâturage des bovins pendant 6 à 8 mois de l’année, lorsque les conditions
climatiques sont normales pour la
saison,
-
sol apte à produire des cultures
fourragères,
-
les pierres ne devront pas
être trop importantes afin que le sol soit apte à recevoir des façons
culturales régulières.
Quatrième classe: 1 à 5 points par
ha
Morcellement : 0 à 4 points par
ha
Il
sera attribué une note 0 pour tout îlot inférieur à 0,5 ha, une note 4 pour tout
îlot supérieur à 4 ha.
Forme : 0 à 4 points par
ha
Cette note sera attribuée en fonction de la régularité des formes de
l’îlot. II sera tenu compte, notamment, des angles aigus et des éléments
gênants, dont les obstacles. La note 0 peut concerner des terres dont les
rayages successifs ne sont pas de la même
longueur.
Accès : 1 à 3 points par
ha
La
note 3 n’est attribuée qu’aux îlots auxquels peuvent accéder en toute saison et
sans difficulté particulière les instruments de culture, d’épandage et de
récolte classiques.
Eloignement : 1 à 4 points par
ha
Cet
éloignement est apprécié en fonction de la distance du siège de l’exploitation à
l’entrée de l’îlot la plus proche par laquelle peuvent pénétrer tous les
instruments agricoles. Pour une exploitation de 20 ha, la note 4 ne sera donnée
qu’à des îlots dont l’accès est inférieur à 250 m. Pour les exploitations de
surface nettement inférieure ou supérieure, ces chiffres pourraient être
diminués ou augmentés.
Relief : 0 à 4 points par
ha
Au-dessus de 8% de pente, il est attribué la note 0, au-dessous de 4%, la
note 4.
Exposition: 0 à 3 points
par ha
La
note 0 sera donnée aux terres en pente exposées au nord, la note 3 aux parcelles
exposées au sud.
Ainsi, entre 0 et 84 points par ha peuvent être attribués aux terres nues
louées sans bâtiment. De 0 à 10 points par ha peuvent être ajoutés quand les
biens loués portent des bâtiments traditionnels (hangar à fourrage,
matériel).
Le
tableaux reprend, par catégorie, la valeur locative des terres louées avec
bâtiments traditionnels, suivant qu’il s’agit d’un bail en cours ou d’un
nouveau bail conclu depuis le 1er Octobre 2010.
Les
adhérents intéressés peuvent se procurer la valeur locative des bâtiments
spécialisés et hors-sol ou de la maison d'habitation louée par bail rural auprès
du service juridique de la FDSEA
Maxima et
minima pour les baux en cours et les nouveaux baux
| Catégories |
points/ha |
Baux conclus
avant le
1er octobre 2010
€/ha |
Baux conclus
à compter du
1er octobre 2010
€/ha |
|
Première
catégorie
-
maximum
-
minimum
|
94
points 80 points |
171,85
146,23 |
189,04
160,85 |
|
Deuxième catégorie
-
maximum
-
minimum |
80
points 60 points |
146,23 109,63
|
160,85 120,60
|
|
Troisième
catégorie
-
maximum
-
minimum
|
60
points 40 points |
109,63 73,18 |
120,60 80,50 |
|
Quatrième
catégorie
-
maximum
-
minimum
|
40
points 20 points |
73,18 36,58 |
80,50 40,24 |
|
Cinquième
catégorie
-
maximum
-
minimum
|
20
points 3 points |
36,58 5,49 |
40,24 6,04 |
Aricle paru dans TerrA n°243 du 22 octobre
2010