La lutte contre le travail d'étrangers sans titre
Respecter les règles d'emploi
de travailleurs étrangers est une nécessité pour les entreprises. Ne pas le
faire conduit à s'exposer à des sanctions lourdes. Une loi récente a renforcé la
lutte contre l'emploi de salariés étrangers sans titre de
travail.
Vérifier que son cocontractant emploie régulièrement
L'entreprise qui fait appel à un
prestataire de service faisant appel à des travailleurs étrangers doit vérifier
que son cocontractant s'acquitte du paiement des cotisations et contributions
sociales pour tous les salariés, étrangers ou non.
Elle doit aussi s'assurer lors de
la conclusion du contrat de prestation de services, puis tous les six mois,
jusqu'à la fin de son exécution, que celle avec laquelle elle contracte a
procédé ou procède :
-
à son immatriculation au registre
du commerce ou au répertoire des métiers ;
-
à la déclaration préalable à
l'embauche des salariés ;
-
à la délivrance du bulletin de
paye et à la déclaration conforme du nombre d'heures
travaillées ;
-
aux déclarations sociales et
fiscales.
Ces vérifications sont obligatoires
pour toute opération d'un montant d'au moins 3 000 €.
Le recours volontaire de la part du
prestataire de service, directement ou par personne interposée, aux services
d'une autre entreprise employant un étranger sans titre est interdit. Elle
assortit ce délit d'un emprisonnement de 5 ans et d'une amende de
15 000 € par étranger concerné. L'entreprise donneuse d'ordre paiera
aussi les rémunérations, charges et contributions spéciales due par l'employeur
indélicat.
Autres mesures de lutte contre l'emploi d'étrangers sans titre
D'autres mesures sont mises en
place pour lutter contre l'emploi d'étrangers sans titre :
– La
rupture du contrat de travail d'un étranger sans titre lui ouvrira droit à une
indemnité de 3 mois de salaire (contre 1 mois actuellement). Elle sera recouvrée
pour son compte par un organisme public s'il est reconduit hors du territoire ou
en passe de l'être.
– Les aides
publiques accordées à l'entreprise au cours des douze mois précédant un
procès-verbal constatant l'emploi d'étranger sans titre pourront être
remboursées à l'administration qui cependant aura la faculté de moduler le
montant du remboursement.
–
L'autorité administrative pourra, sur la base du procès-verbal relevant
l'infraction, et notamment encas de récidive, ordonner la fermeture provisoire
d'une entreprise, pour une durée de trois mois au plus.
L'employeur de bonne foi
En revanche l'employeur qui, sans
connaissance de la fraude, aura été abusé par un titre frauduleux ou par un
titre qui lui a été frauduleusement présenté pourra démontrée sa bonne foi
notamment par l'accomplissement de toutes les vérifications préliminaires à
l'embauche exigées par la loi et ainsi être exempté des sanctions réprimant
l'emploi d'étrangers sans titre.