Réforme des retraites : les mesures
sociales visant les entreprises
Le projet de réforme des
retraites, validé le 13 juillet par le Conseil des ministres, met en évidence,
outre le recul à 62 ans, d'ici 2018, de l'âge de départ pour une retraite à taux
plein, la part que les entreprises vont prendre dans le rééquilibrage financier
et dans l'évolution du régime des retraites.
Une aide à l'embauche de seniors
Le projet de loi prévoit que
les employeurs pourraient demander le bénéfice d'une aide, représentant 14 % du
salaire brut versé chaque mois, à l'emploi pour l'embauche, en CDI ou en CDD
d'au moins six mois, de demandeurs d'emploi de 55 ans ou plus inscrits à Pôle
emploi.
Une réduction Fillon annualisée
Le Gouvernement proposera
également de modifier le calcul de l'allègement Fillon. L'objectif serait de
l'appliquer aux salaires et primes versés par l'employeur sur toute l'année,
alors qu'il est aujourd'hui appliqué mois par mois. Cette mesure devrait
permettre de dégager 2 milliards d'euros pour le financement des régimes de
retraite, en rétablissant un équilibre entre les employeurs qui, pour un même
niveau de salaire annuel, échappent aux effets de la dégressivité de la
réduction Fillon parce qu'ils versent des primes sur un ou deux mois de l'année,
et ceux qui versent 12 fois la même rémunération mensuelle.
Les départs anticipés à la retraite pour " pénibilité "
Les personnes atteintes d'une
incapacité permanente d'origine professionnelle conserveraient le maintien d'une
retraite à taux plein à 60 ans (au lieu de 62 ans pour l'âge légal de départ et
67 ans pour une retraite sans décote quelque soit le nombre de trimestres
d'assurance).
Pour concrétiser cette
possibilité de départ anticipé à la retraite pour " pénibilité ", le
Gouvernement entend agir à deux niveaux :
– Un suivi des risques
professionnels serait mis en place avec la constitution par le médecin du
travail d'un " dossier médical en santé au travail " retraçant les
informations relatives à l'état de santé du salarié, la durée des expositions
aux risques professionnels et les avis et propositions du médecin du
travail.
–
Il est également prévu que l'employeur consigne les risques auxquels le salarié
est exposé et la période au cours de laquelle l'exposition est
survenue.
Enfin, le coût de cette
retraite " pénibilité " serait pris en compte par une contribution sur
la cotisation accident du travail – maladie professionnelle. A l'avenir, les
taux de cotisations devraient tenir compte de la pénibilité, définie à partir de
contraintes physiques marquées, d'un environnement physique agressif ou de
certains rythmes de travail.
Pour tous renseignements,
contactez le service emploi de la FDSEA.
Article paru dans TerrA n°230
du 23 Juillet 2010