Lancée en 1990 par
la FDSEA et la CFDT :
L'AEF fête ses 20
ans
L'AEF, l'association emploi formation, a fêté ses 20 ans le 18
juin dernier à Châteaulin. Petit retour en arrière.
"Des
coups, on en a pris", se souvient Jean-Claude Philipot. Salarié CFDT, il sera le
premier secrétaire général de l'AEF, en 1990. Pas si simple, à l'époque, de
lancer une association paritaire, entre syndicat de salariés et syndicat
patronal. "On nous a reproché, bien souvent, que c'était une alliance contre
nature". Mais qu'importe, la volonté d'une poignée d'hommes sera plus forte et,
après trois années d'échanges et de discussions, l'AEF voit le jour.
Pénurie de main d'oeuvre
"Pierre
Bellec, alors économiste à la chambre d'agriculture, nous avait alerté : nous
allions manquer de main d'oeuvre à l'horizon 2000". Comme les autres, les
ménages d'agriculteurs font de moins en moins d'enfants. Or, les chiffres sont
formels, "seuls un tiers des enfants d'agriculteurs restent dans le milieu".
Pour espérer avoir encore des bras à la production, chefs d'exploitation ou
salariés, il fallait mieux faire connaître ces métiers et toucher un nouveau
public.
Dès sa
création, les missions de l'AEF sont nombreuses : aux côtés de la mise en
relation d'offres et de demandes d'emploi, d'appui à l'employeur comme au
salarié au moment de l'embauche, elle se charge aussi de collecter les données
relatives à l'emploi en agriculture, sert de relais départemental du Fafsea, le
fonds de formation des salariés... "Il fallait aussi assurer la promotion du
métier de salarié agricole", se souvient François Palut, le président fondateur
de l'AEF.
Un comité d'entreprise pour les salariés
En 1995,
les partenaires sociaux vont encore plus loin, et lancent le Cesa, le comité
d'entreprise des salariés agricoles. "Et, comme pour l'AEF, ce sera le premier
de France", se félicite François Palut. Il compte aujourd'hui près de 3 500
adhérents, pour un budget annuel qui dépasse les 600 000 €. "Une belle
réussite".
L'AEF en quelques chiffres
Financé à
parts égales par les salariés et les employeurs, 0,05% du salaire brut de part
et d'autre, l'AEF concerne les conventions collectives de polyculture, élevage,
maraîchage, Cuma, paysage, ETA et horticulture-pépinières. Doté d'un conseil
d'administration de 16 membres, il emploie 5 permanents, dispose de deux antennes, à
Quimper et Saint Pol de Léon, et assure près de 200 permanences par an sur
l'ensemble du département.
En 2009,
l'AEF a enregistré 1 724 offres d'emploi et 3 932 candidatures. 6 049 mises en
relation employeur/candidat ont débouché sur 1 181 placements en entreprise. Au
cours de rendez-vous individuels ou d'interventions collectives, plus de 2 500
personnes ont été rencontrées. Et plus de 680 contacts ont été noués avec des
employeurs agricoles, ce qui représente près d'un employeur finistérien sur 5.
L'emploi en agriculture
Si le
Finistère comptait, l'an passé, 7 916 exploitations, il y en avait encore 28 600
en 1980 ! Le nombre de salariés agricoles, lui, suit la courbe inverse : 8 602
équivalents temps plein en 2009, 4 750 en 1992. Par contre, le taux de
féminisation des emplois ne varie que lentement : 36% en 2009, 33% en 1997. "Si
la parité est atteinte en production végétale, il y a des métiers où les femmes
sont pratiquement absentes", constate Gilles Burel, animateur de l'AEF, citant
les ETA ou le paysage.
Aujourd'hui, plus d'une
exploitation sur deux embauche du personnel et le nombre d'entreprises de plus
de 10 salariés explose, 307 l'an passé contre 87 en 1997. Un phénomène lié au
développement du maraîchage sous abri.
Article paru dans TerrA le 25 juin
2010