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    Dossiers Transversaux / Environnement / 2010 / Juillet
 
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FDSEA du Finistère

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  30/7/2010
  Modification du 4ème programme d’action Directive Nitrates : Pour la FDSEA, il est urgent d’attendre !(article paru dans TerrA n°231 du 30 juillet 2010)


Algues vertes : de nouvelles contraintes pour les agriculteurs 

Le 21 juillet dernier, le préfet du Finistère a signé les arrêtés portant modification des arrêtés préfectoraux relatifs au 4ème programme d'action de protection des eaux contre la pollution par les nitrates d'origine agricole.

Ces modifications concernent les bassins versants situés en amont des baies sujettes à la prolifération d'algues vertes (anses de Locquirec, de l'Horn-Guillec, de Guisseny, baie de Douarnenez et de Concarneau).

Ces arrêtés fixent :

- l'obligation(1) pour l'ensemble des agriculteurs concernés de déclarer annuellement les flux d'azote produits et échangés sur ces territoires,

- la limitation des apports annuels d'azote toutes origines confondues à 210 kg d'azote/ha de SAU à compter de la prochaine campagne culturale,

- le recul de la date de début d'épandage au 15 mars pour la culture du maïs et pour les fertilisants tels que les lisiers, les fumiers de volaille et les fientes contenant plus de 65% de matières sèches.

La modification des arrêtés préfectoraux "directive nitrates" constituent le premier volet de la mise en œuvre des mesures préventives prévues dans le plan gouvernemental "algues vertes" et présenté aux acteurs locaux le 5 février dernier.

(1)   Pour 2010, cette obligation ne concerne que les baies de la Lieue de Grève et de Saint-Brieuc car il s'agit de bassins expérimentaux définis par le plan gouvernemental de lutte contre les algues vertes. Elle sera étendue à l'ensemble des autres bassins versants en 2011.

Communiqué Préfecture 

 

FDSEA : Il est urgent d'attendre !

 

Plutôt que d'imposer de nouvelles contraintes aux agriculteurs, la FDSEA demande à l'Etat d'attendre un peu, le temps que les modifications de pratiques des agriculteurs aient porté tous leurs fruits... et de vérifier que les mesures prises aient bien un impact sur la prolifération des algues vertes !

"L'Agence de l'eau a déclaré 50% des masses d'eau du Finistère en bon état écologique, alors que l'objectif est de parvenir à 60% en 2015, rappelle Ronan Le Menn, agriculteur à Quéménéven, sur la baie de Douarnenez, et qui a suivi le dossier "algues vertes" pour la FDSEA. Ces bons résultats reflètent l'engagement de la profession agricole depuis le début des années 90 en faveur de l'environnement. Et ils ne s'arrêteront pas là". Pour preuve, alors que le taux de nitrates moyen des eaux de surface se situait entre 35 et 40 mg/l en 1994, il est maintenant en-dessous des 30 mg et continue à descendre, traduisant, avec un temps de retard, les modifications de pratiques des agriculteurs. "Alors, pourquoi rajouter une nouvelle couche, sans même prendre le temps d'attendre les résultats de l'expérimentation menée dans les deux bassins versants des Côtes d'Armor ?"

La déclaration des flux d'azote est perçue par les agriculteurs comme une contrainte administrative supplémentaire. "Il ne faudrait pas qu'elle décourage les agriculteurs qui reçoivent des déjections animales en provenance des élevages voisins et les incite à dénoncer leurs plans d'épandage", s'inquiète Ronan Le Menn. A condition de trouver le financement nécessaire, des mesures de désintensification pourront également être contractualisées dans ces zones avec, à la clé, une limitation de la fumure azotée. "Comment feront les éleveurs qui verront se réduire les mises à disposition de terres par leurs voisins ?"

L'interdiction d'épandage de lisier sur maïs avant le 15 mars pose également problème. "Faudra-t-il prévoir des capacités de stockage supplémentaires pour les années pluvieuses, quand les épandages n'auront pas pu avoir lieu sur céréales", s'inquiète Ronan Le Menn. Des épandages bien souvent réalisés par Cuma ou par entreprise. "Et si les épandages sur maïs sont décalés au mois d'avril, juste avant le semis, comment vont-elles parvenir à gérer les calendriers, les emplois du temps de leurs salariés...".

 

Article paru dans TerrA n°231 du 30 juillet 2010



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