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    Dossiers Transversaux / Energie / 2009 / Décembre
 
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  11/12/2009
  Agriculture et gaz à effet de serre : Attention aux manipulations intellectuelles ! (Article paru dans TerrA n°197)


Agriculture et gaz à effet de serre : Attention aux manipulations intellectuelles 

 

A quelques jours de la clôture du sommet de Copenhague, Thierry Merret, président de la FDSEA, s'interroge sur  le débat mené autour du réchauffement climatique.

Les médias sont dans les starting-blocks : depuis quelques semaines, la presse s'affole autour du réchauffement climatique. Et si vous n'avez pas encore mauvaise conscience, cela ne saurait tarder ! Ecologistes, malthusianistes, welfaristes, végétariens, partisans de la décroissance : chacun a sa théorie sur les origines, les conséquences et les remèdes au réchauffement climatique. Ainsi a-t-on pu lire dans un grand quotidien national que le divorce a un impact sur le changement climatique ! C'est pour l'anecdote...

L'agriculture émet 9% des GES

Mais (et là c'est moins drôle), le changement climatique devient une occasion de plus pour tirer à boulets rouges sur l'agriculture conventionnelle. En cette semaine du sommet de Copenhague, la pression s'intensifie autour de l'agriculture. Le Figaro titrait, le lundi 23 novembre : "Europe, l'agriculture émet trop de gaz à effet de serre". Pourtant, d'après un rapport du Parlement européen, l'agriculture n'émet que 9% des GES, les gaz à effet de serre, contre 59% pour l'énergie et 21% pour les transports. Attention donc aux manipulations intellectuelles !

Les partisans de la décroissance trouvent pourtant des relais médiatiques pour prôner une réduction drastique de la production de viande, mais aussi une régulation de la démographie (des programmes de planification familiale sont à l'étude pour réduire les émissions de gaz à effet de serre...). Dès 1968, avec la fondation du Club de Rome, certains économistes ont avancé des thèses relativement douteuses sur les dangers de la croissance économique et démographique. Le réchauffement climatique a remis au goût du jour ces développements. Mais est-il socialement et humainement acceptable d'envisager de réduire la production agricole, et donc la nourriture, alors que plus d'un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde ? Et sans aller jusqu'à la famine, la consommation de viande contribue à assurer l'équilibre nutritionnel des populations. Qui osera élever la voix pour interdire aux pays émergents de consommer de la viande ?

Un peu de rationalité !

La nécessité de lutter contre le changement climatique, en réduisant les gaz à effet de serre, appelle à la rationalité, tant sur le diagnostic (qui est responsable de quoi ?) que sur les réponses à apporter. Jouer sur les peurs des gens, instaurer un climat de terreur sur le réchauffement climatique est irresponsable et stérile, d'autant que toute la communauté scientifique n'est pas d'accord sur la réalité du changement climatique et ses éventuelles conséquences.

Il serait intolérable que l'agriculture bretonne soit de nouveau mise au banc des accusés sur le sujet du changement climatique. Les algues vertes ont déjà déclenché une salve d'attaques contre notre agriculture, sans qu'aucune étude scientifique "grandeur nature" n'établisse exactement le lien avec les flux de nitrates ! Pour se donner du baume au cœur, sachez quand même que la Bretagne, en matière de bilan carbone, est la meilleure région de France, et l'une des toutes meilleures en Europe ! N'hésitez pas à le dire, et à le revendiquer !

 

Thierry Merret

Président de la FDSEA

Article paru dans TerrA n°197 du 11 décembre 2009



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