Audimat et Manipulation de l'opinion : extrait du blog de
Laurent Berthod
Mardi dernier 29 juin, France 5 a
diffusé en soirée un documentaire intitulé Ecologie,
ces catastrophes qui changèrent le monde (redifusion les dimanche 4 et
jeudi 15 juillet). La veille, en prime-time, sur France 3, le magazine
improprement appelé Pièces à conviction car, en vérité, c'est plutôt
Pièges à conviction qui serait approprié, présentait un soi-disant
reportage intitulé Assiette tous
risques. Tout cela est propagande à un point tel que le Ministère de
l'Agriculture s'est senti obligé, chose inhabituelle, de répondre au
reportage sur les prétendus dangers de l'alimentation en France par un
communiqué officiel soigneusement argumenté, que l'on peut lire en cliquant ici.
Plus distrayante que ce communiqué
très sérieux, dont je recommande néanmoins de prendre connaissance, je propose
cette histoire véridique à la réflexion de ceux qui ne la connaitraient pas
déjà.
En 1997, en Angleterre, European
Science and Environment Forum a réalisé un sondage. Parmi les questions il y
en avait deux qui concernaient une molécule chimique, le dihydrogène-monoxyde.
Pour apporter un éclairage sur ce produit aux personnes interrogées, les
informations suivantes leur étaient données : "Il s'agit d'un produit
utilisé en très grandes quantités par l'industrie, connu pour être à l'origine
de fuites et d'infiltrations fréquentes, que l'on retrouve régulièrement dans
les rivières et dans la nourriture animale ou humaine. C'est un composant majeur
des pluies acides. A l'état gazeux il contribue à l'effet de serre. Il peut être
mortel s'il est inhalé accidentellement. On l'a identifié en quantité
significative dans les tumeurs cancéreuses. "
Après cet exposé liminaire, les deux
questions étaient celles-ci : "Estimez-vous que ce composé chimique est
dangereux ? ", "Son utilisation doit-elle être interdite ou au moins très
sévèrement réglementée dans l'Union Européenne ? "
A la question sur la dangerosité et la
réglementation, 76 % des personnes interrogées ont répondu oui, 19 % ne se sont
pas prononcées, 5 % seulement ont éventé le piège et reconnu qu'il s'agissait de
l'eau.
Pour ses promoteurs, l'objet du sondage
était de mesurer la facilité avec laquelle on peut manipuler
l'opinion.
Source de cette histoire véridique : "
Risque alimentaire et désinformation " Jean-Jacques Duby dans " Risques
et peurs alimentaires ", sous la direction de Marian Apfelbaum, éditions
Odile Jacob. novembre 1998.
extrait du blog de Laurent
Berthod