VPF : A quand une application de l'accord ?
VPF... Si un accord a été signé voilà des mois avec les industriels de la charcuterie-salaison, l'application peine toujours à se faire en magasin. Démonstration à Landerneau, le week end dernier.
"On a perdu 0,22 €/kg de porc au marché de Plérin en un mois et demi". Olivier Billon cache mal son exaspération. "Or on a aucune raison de voir le prix baisser de la sorte". Et le président des Jeunes Agriculteurs de citer une population mondiale qui ne cesse de croître. Mais aussi des élevages bretons moins nombreux, minés par une crise qui s'éternise. "Les faillites arrivent. Et on n'a aucune réaction des politiques, de l'Etat". Car les charges augmentent et le prix de l'aliment flirte avec les 240 €/t. "C'est clair, ça ne passe plus".
Origine inconnue
Le marché intérieur drainant plus de 80% de la production, les JA ont voulu vérifier, samedi dernier, l'application de l'accord VPF, viande porcine française. "Certaines salaisons ne se sont toujours pas engagées". Ils se sont rendus chez Intermarché, à Landerneau. "L'étiquetage a progressé, constate Olivier Billon. Il y a un an, 30% du rayon de charcuterie portait le logo VPF. Aujourd'hui, on doit être plus proche des 50%". Mais, si le sigle bleu-blanc-rouge est largement présent du côté du jambon, il est très difficile de connaître l'origine des lardons... sans parler des produits transformés contenant de la viande de porc.
En toute connaissance de cause
Et certaines étiquettes sont trompeuses. "Monique Ranou est une marque française, l'usine est à Quimper. Mais, sur l'emballage, l'estampille sanitaire indique une usine en Allemagne !". Or, d'un bout à l'autre de l'Europe, les contraintes ne sont pas les mêmes, notamment sur le volet social, l'alimentation, la traçabilité..., et les coûts de production non plus. "Il faut que le consommateur puisse acheter en toute connaissance de cause", estiment les JA, qui continueront leurs vérifications dans les semaines à venir.
Chantal Pape