Porc : engageons-nous dans un nouveau projet de
commercialisation !
Emile
Riou est Président de la section porcine de la FDSEA du Finistère. Il présente
sa réflexion et sa vision des choses sur l'avenir de la commercialisation dans
le secteur du porc : la production porcine n'aura d'avenir que si
l'ensemble du marché se restructure, en associant pool collectif de vente,
contractualisation partielle, et cotation pondérée au cadran. Une
restructuration intelligente des outils industriels est également indispensable
pour pérenniser la démarche qui reste à engager par les éleveurs.
Reprendre en main les groupements
Pour
Emile Riou, les éleveurs se sont dégagés de leurs responsabilités. Ils ont tout
délégué sur l'amont et sur l'aval, et ont une confiance aveugle en leur
groupement. Résultat : on assiste à un véritable hold-up de la compétitivité des
éleveurs. " Nous devons reprendre en main nos groupements. Nos structures
doivent revenir à leurs fondamentaux. C'est-à-dire acheter les intrants en amont
de nos élevages le moins cher possible, et surtout, s'organiser pour revendre au
mieux notre production aux abattoirs. Il y a un besoin urgent d'unité entre
toutes nos structures. C'est pourquoi nous imaginons de pouvoir créer une plate
forme de vente du porc standard en amont du marché, avec des règles commerciales
communes qui concerneraient tous les porcs charcutiers ".
Gérer la commercialisation au sein d'un pool de vente
Concrètement, ce pool de vente garantirait un approvisionnement
partiel, jusqu'aux 2/3, des besoins aux outils industriels. Le tiers restant
serait commercialisé sur un marché correspondant au MPB actuel. Sa cotation
dépendrait du prix spot du kilo de porc et d'un prix correspondant à une
cotation à terme à 160 jours. " C'est aux acheteurs de définir le prix
instantané et le prix correspondant à leurs besoins sur le moyen terme. Les
éleveurs de leur côté connaissent leur coût de production actuel et à cinq mois.
La mutualisation des outils de vente doit aussi être accompagnée d'une
restructuration plus globale. Si on ne le fait pas, on va dans le mur ! Les
outils industriels, et les emplois qui y sont liés, disparaitront avec les
producteurs." C'est aux éleveurs d'en prendre conscience et d'insuffler ce
nouveau mode de fonctionnement auprès du conseil d'administration de leur
groupement. "
Maîtriser nos coûts de revient
Concernant l'amont, l'élevage, fort de ses 35 % de consommation de la
production céréalière française, doit envisager une forme de contractualisation
avec le monde céréalier. 65% de la production pourraient rester sur le marché
libre avec les fluctuations que l'on connaît. Environ un tiers pourrait être
indexé entre le prix de marché et un indice " coût alimentaire/prix de vente "
de la production animale concernée. Il nous faut arriver à maîtriser
collectivement à la fois notre prix de revient et notre prix de
vente.
Article paru dans TerrA le 12 août
2011