Marges, promos, importation... : les producteurs de Saint Renan
dans les grandes surfaces
Samedi dernier, une douzaine de
producteurs de porc de la région de Saint Renan ont interpellé les responsables
de la grande distribution sur les promotions et les marges pratiquées, jugées
toutes deux abusives, et sur les importations.
Après s'être retrouvés pour déjeuner
ensemble, les agriculteurs ont d'abord rencontré le responsable du Super U de
Saint Renan, avant de se rendre au Leclerc de Guilers. "Nous ne voulions pas
épingler une enseigne plus qu'une autre, mais dénoncer leurs pratiques",
explique André Guenneuguès, président FDSEA du canton de Saint Renan.
2,40 €/kg la demi-longe de porc !
Premier grief : les promotions, que
les agriculteurs jugent excessives. "Nous avons trouvé de la demi-longe de porc
à 2,40 €/kg, alors que le producteur est payé 1,20 € et l'abattoir 1 €. On se
demande comment fait l'enseigne pour couvrir toutes ses charges avec si peu". Ce
à quoi il leur a été répondu qu'il s'agissait de promos nationales, auxquelles
les enseignes locales ne peuvent déroger.
A l'inverse, quand il s'agit du
jambon, les marges de la distribution sont plus que confortables. "L'enquête Que
choisir indique que, pour un jambon vendu 12 €/kg, le producteur a perçu 1,40 €,
l'abattoir 1 €, l'industriel 2,50 €, auxquels il faut rajouter 4,60 € de frais
de distribution et 2,50 € de marge nette, énumère André Guenneuguès. A elle
seule, la marge perçue par le distributeur est supérieure à ce que touchent le
producteur et l'abattoir, sans que l'on sache réellement ce que se cache sous
les frais de distribution". Et, depuis deux ans déjà, le prix payé au producteur
est inférieur à ses coûts de revient !
Un périple de 1 000 km de l'abattoir à l'assiette
Les producteurs se sont également
rendus chez Lidl, une enseigne de discount. "Là, nous avons surtout dénoncé les
importations. Alors que la taxe carbone va s'appliquer dès l'an prochain, est-il
raisonnable de faire parcourir 1 000 km à de la viande fraîche, quand il y a ce
qu'il faut aux portes du magasin ?" Une fois encore, le responsable s'est
retranché derrière l'organisation de l'enseigne. "Tout est décidé au niveau
national, chaque magasin n'a que très peu de pouvoir".
Dans les trois enseignes, les
producteurs ont également dénoncé les nombreuses distorsions de concurrence au
sein d'une Europe "qui n'a de commun que le nom et la monnaie, dans 16
états-membres".
Article paru dans TerrA n°197 du
11 décembre 2009