Producteurs laitiers, voulons-nous
rester en première division ?
La FDSEA
et Jeunes Agriculteurs du Finistère organisent une journée laitière le mardi 15
juin au lycée agricole du Nivot, à Lopérec. François Plougastel, président de la
section lait de la FDSEA, répond à nos questions sur l’organisation de cette
journée.
Pourquoi organisez-vous une journée
laitière ?
Cela fait plusieurs
années que les sections laitières de la FDSEA et Jeunes Agriculteurs n’ont pas
organisé un tel évènement. Cette année, nous souhaitons proposer aux
agriculteurs une journée de débats autour de deux questions récurrentes :
- quelles stratégies face
au dynamisme des producteurs de lait allemands ?
- comment s’organiser
pour être acteur de notre revenu ?
En effet, nous sommes à
un tournant : la PAC post 2013, la fin des quotas laitiers, le
démantèlement des outils de gestion de marché, le projet de loi de modernisation
de l’agriculture, la formalisation des relations contractuelles, les distorsions
de concurrences, les politiques laitières dans les autres États Membres, la
dérégulation des marchés… Les agriculteurs s’interrogent ! Nous souhaitons,
au travers de cette journée, apporter des éclairages sur les orientations
européennes, françaises afin qu’ensemble, nous puissions définir notre politique
laitière régionale !
La gestion
allemande de la campagne laitière 2009/2010 a dérouté de nombreux producteurs.
Quels éléments apporterez-vous pour alimenter le débat ? Et pourquoi
toujours se comparer aux allemands ?
Tout d’abord, l’Allemagne
est le premier pays producteur de lait en Europe avec une référence laitière de
29 milliards de litres. Depuis le Milchforum, les allemands affichent clairement
et sans complexe leur volonté de devenir un grand pays agricole et plus
particulièrement laitier. Le Danemark et les Pays-Bas ont également exprimé leur
volonté d’augmenter leur production laitière. Nos voisins ont pris des
orientations : les producteurs français et plus particulièrement de l’Ouest
doivent les analyser et les prendre en
considération.
Nous devrons définir
ensemble notre stratégie pour maintenir une activité laitière dynamique et
pérenne. Aussi, Christophe Perrot, de l’Institut de l’élevage présentera les
premières conclusions de l’étude sur les distorsions de concurrence entre la
France et l’Allemagne. Denis Ramspacher, membre du bureau lait de la FNPL et
président de la FDSEA du Bas Rhin, nous fera part, en tant qu’observateur, des
évolutions de la politique allemande. De plus, le Groupe à Haut Niveau devrait
également communiquer ses conclusions à la mi-juin. Enfin avec quelques
collègues, nous reviendrons également d’un voyage d’études en Allemagne.
Organiser
une réunion le 15 juin, avec tous les producteurs, nous apparaît donc opportun,
car de nouveaux éléments contribueront à enrichir les débats.
En seconde partie de journée, vous
programmez des interventions sur les organisations de producteurs et les
associations d’organisations de producteurs. Quels messages souhaitez-vous
donner ?
Comme le rappellent les
responsables de la grande distribution, "la marge ne se partage pas, elle se
gagne !" La marge est le résultat d’un rapport de force. Saurons-nous
l’établir en notre faveur ? Le renforcement du pouvoir de négociation des
producteurs est un sujet qui préoccupe vivement la filière laitière, compte tenu
de la fin des quotas et de la volatilité des prix. Aussi, nous avons sollicité
des intervenants qui, avec le recul de leurs expériences, pourront parler
d’organisation et échanger sur les enjeux et les moyens de mettre en place et de
maintenir un niveau d’organisation sur un territoire pertinent. Le projet d’une
organisation économique renouvelée par et pour les producteurs est nécessaire,
mais ne se fera pas sans l’adhésion des
producteurs.
Pour conclure, la FDSEA
et Jeunes Agriculteurs proposent une journée conviviale qui doit préparer les
producteurs à une nouvelle ère laitière, pour qu’ensemble nous soyons plus
forts !
Article paru dans
TerrA le 4 Juin 2010