Quotas laitiers : Quelle gestion des volumes pour la fin de
campagne ?
La section lait de la
FDSEA et le groupe lait JA ont débattu, le 23 novembre dernier, du
positionnement de la FNPL en faveur du maintien du double zéro : gel des
allocations provisoires et du 1% de quota supplémentaire. François Plougastel,
administrateur breton à la FNPL, explique les raisons qui motivent la FDSEA et
les JA à demander la levée du gel de ces mesures.
Les producteurs de lait européens
sont aujourd'hui de plus en plus confrontés aux aléas des marchés mondiaux,
résultat du démantèlement progressif des outils de gestion des
marchés !
Face à cette situation, un groupe de
21 pays européens s'est rassemblé, avec l'objectif commun de réintroduire de la
régulation dans les marchés laitiers. Dans les faits, la volonté de plus de
régulation de ce groupe a sérieusement du plomb dans l'aile : comment se
fait-il que les 21 ministres de l'agriculture, demandeurs de régulation, n'aient
pas obtenu, lors du dernier Conseil des ministres, une minorité de blocage pour
maintenir les restitutions aux exportations ? À 21 pays sur 27, c'était
pourtant faisable !
Marchés dérégulés et résurgence de politiques nationales
Au lieu de se battre pour des
restitutions (sources de compétitivité pour la filière laitière européenne), les
Etats membres ont préféré accepter une enveloppe de 280 millions d'euros qui
sera utilisée par les Etats en fonction de leur politique nationale : où
est la gestion européenne des marchés ? Ouvrons les yeux, une guerre de
bassins a commencé !
Par ailleurs, le premier outil de
régulation des marchés, au moins jusqu'en 2015, est le quota individuel :
il faut juste le respecter. Sauf qu'il n'y a que la France pour appliquer des
pénalités aux producteurs dès le premier litre de dépassement. Dans les autres
États membres, les producteurs ne payent de pénalités que si la référence
nationale est dépassée !
La FDSEA revendique l'extension de
nos règles aux producteurs des pays voisins. Le seul pays à avoir suivi cette
recommandation est la Belgique. Mais, depuis le retournement des marchés, il
n'en est plus question ! D'autres pays européens ont, quant à eux, choisi
de produire pour compenser la chute des prix. Maintenant que les marchés donnent
de nouvelles perspectives, il est très peu probable qu'ils choisissent d'appuyer
sur le frein !
Pire, ces pays demandent à mutualiser
le quota européen de façon à ce que la sous-réalisation française, qui devrait
atteindre 9% de la collecte, serve à gommer leurs dépassements ! Les
producteurs de lait français pourraient-ils devenir le nouvel outil de gestion
des marchés européens ?
Une réactivité sur les prix et les volumes
Dans ce contexte, la section lait
s'est positionnée en faveur d'un assouplissement du double zéro, demandant à
Serge Le Doaré et moi-même de soutenir l'ouverture du dispositif des prêts de
quota dès cette campagne auprès du Conseil d'administration de la FNPL. Pourquoi
pénaliser individuellement les producteurs français alors que la prochaine
campagne semble s'annoncer meilleure en terme de prix ? Les membres de la
section demandent également une réactivité en terme de gestion des volumes.
Avec la région Ouest, nous avons
farouchement défendu cette position. Mais le Conseil d'administration de la FNPL
en a décidé autrement, actant ainsi le maintien du statu quo sur le double zéro.
C'est un avis plus politique qu'économique ! La décision définitive sera
prise par France AgriMer le 10 décembre prochain. Le manque de réactivité de la
filière laitière française en 2007 et 2008 nous avait déjà lourdement pénalisés.
C'est pourquoi la FDSEA et JA continuent à demander d'intégrer pour l'année 2010
de la réactivité tant dans la gestion des volumes que dans les éléments de
fixation du prix du lait. Ne prenons pas un retard irrécupérable sur nos
principaux concurrents !
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Une reprise de la
consommation
Les consommateurs en Asie ont
retrouvé la confiance dans les produits laitiers. La collecte de lait à
l'échelle mondiale est restée relativement stable en 2009, d'où l'embellie
des marchés constatée depuis le mois de
mai.
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Article paru dans TerrA n°197 du
4 décembre 2009