Depuis 2000, la surface en volaille de chair a
diminué de 2 millions de m2 (soit 32% du parc) et plus d'1/3 des exploitations
avicoles ont disparu. L’insuffisance des prix payés aux producteurs en est la
principale cause. Alors que les bâtiments sont âgés de 25 ans en moyenne, les
éleveurs sont aussi dans l’impossibilité d’investir dans des bâtiments
neufs.
Les chiffres 2007-2010 de l'Institut technique de l'aviculture (reposant sur
les statistiques de l'Insee et du SCEES) montrent que les prix payés par les
consommateurs ne cessent de progresser alors que ceux payés aux éleveurs et
abatteurs ne permettent plus de couvrir les hausses de coûts de production. Face
à ces chiffres, André Quenet reste réaliste, mais aussi positif : "sans
augmenter le prix à la consommation, tous les maillons de la filière peuvent
vivre de cette production, avec une meilleure répartition des marges".
Les normes environnementales et bien-être risquent d'impacter sérieusement
les revenus des éleveurs. Pour répondre à la norme phosphore, ces derniers
devront revoir leur plan d'épandage avec l'investissement dans des outils non
productifs, du transport et/ou l'achat de minéraux pour combler un manque
d'azote.
La diminution de la densité (normes bien-être) entraînera une diminution de
la compétitivité française face à ses concurrents des pays tiers. "La marge se
fait sur les derniers kilo produits au m2. Une diminution de la densité ne fera
qu'attaquer encore plus une marge déjà faible et augmentera le coût de
production au kg".
Pour pallier cela, les éleveurs demandent l’utilisation systématique du logo
VVF (Viande de volaille française) pour mettre en valeur leurs efforts en
matière d'environnement et de bien-être animal "la transparence française coûte
chère aux producteurs mais elle n'est pas récompensée".
Enfin, la motivation
des jeunes est en chute libre. 62% des éleveurs ont plus de 40 ans. Les
résultats des dernières années et le lourd investissement freinent les jeunes et
les banques. "Il est encore temps de réagir pour garder, en Bretagne,
l'aviculture et le tissu agroalimentaire dépendant de cette
production".