La liberté d’entreprendre doit être une priorité !
A quelques mois de l’élection présidentielle, Thierry Merret, président de la FDSEA, interpelle face à la sur-administration et au nombre aberrant de réglementations auxquelles les agriculteurs doivent faire face.
Peu importe la crise économique et financière que les entreprises subissent, la machine législative tourne à plein régime. Alors que l’économie souffre terriblement, le secteur agricole et agroalimentaire affiche une balance commerciale excédentaire, presque insolente dans le contexte actuel. Comment peut-on concevoir que notre agriculture se trouve alors plombée par des textes législatifs ? A moins que certains ne veuillent mettre la France sous cloche et signer la mort de son économie !
Un flot continu de réglementations
Une seule question : la liberté d’entreprendre est-elle encore garantie dans notre République ? La réponse est non ! Les agriculteurs sont considérés comme la variable d’ajustement des lobbies, des collectivités et du législateur et non comme des entrepreneurs. Alors que l’on clame le trop de dérégulation dans l’économie, l’agriculture, elle, a rarement été si administrée. Du secteur laitier, aux producteurs de porcs et volailles, à l’organisation économique légumière… Dès que le secteur agricole tente de faire un pas, aussitôt une nouvelle règle défait la norme, et l’agriculteur n’est plus aux normes.
L’instrumentalisation des lois à des fins privées pose aussi question. En témoigne l’arrêt du chantier de la plateforme de la Sica. Comment une minorité de personnes peut-elle mettre à mal un projet économique et social essentiel pour notre territoire ? C’est insensé et irresponsable. Ne nous voilons pas la face, les décisions des tribunaux en matière d’environnement, de loi littoral, ne sont en général pas favorables aux entrepreneurs que nous sommes !
Quel enjeu électoral ?
Les candidats à l’élection présidentielle se pressent autour de l’électorat "urbain et écolo", qu’ils tentent de flatter en utilisant l’agriculture. A juste titre, Xavier Beulin s’est scandalisé de l’accord entre le PS et EELV, décrivant les engagements pris comme autant de renoncements pour notre agriculture. Et le président de la FNSEA d’ajouter que chaque programme et proposition agricole seront examinés avec la même énergie. L’agriculture mérite mieux que ces jeux politiciens. Les agriculteurs ont besoin d’air, de cohérence et de leviers de compétitivité : la liberté d’entreprendre exige que les responsables politiques fassent enfin confiance aux agriculteurs, poumons de la France !
Thierry Merret, Président de la FDSEA - Paru dans Terra du 16 décembre 2011