Emploi : Légume de plein champ recherche salarié qualifié
Pour la 4ième année consécutive, l'Ireo de Lesneven s'apprête à former des salariés qualifiés en légume de plein champ. Car, contrairement à ce que l'on pense trop souvent, le légume de plein cham, ce ne sont pas que des emplois saisonniers !
"Dès 2006, nous savions que nous allions manquer de main d'oeuvre, se souvient Jean-Paul Jacq, producteur de légumes à Cléder et président du GDA. Il y a beaucoup de départs en retraite, peu d'installations et les exploitation s'agrandissent". Les producteurs sont donc à la recherche de salariés capables de les seconder, de prendre la tête d'une équipe de saisonniers...
Une fois le constat fait, tous les partenaires se mettent autour de la table. Et une formation qualifiante est mise sur pied : à la Sica et à la chambre d'agriculture de trouver des agriculteurs prêts à former des stagiaires, à Pôle emploi et à l'AEF de recruter des demandeurs d'emploi, à l'Ireo de les former en 6 mois, en alternant théorie en salle et pratique en exploitation.
Mais trouver des candidats n'est pas si simple ! "Le maraîchage souffre d'une mauvaise image, analyse Gilles Burel, animateur de l'AEF, l'association emploi formation. Certes, 80% des contrats sont en CDD. On n'y peut pas grand-chose : il faudra toujours tenir compte des saisons. Mais ce sont aussi 20% de contrats en CDI".
Des emplois de proximité
Des contrats qualifiés et des emplois de proximité dans lesquels il est possible de s'épanouir. A l'image de Valérie qui, dans un premier temps, part en fac d'anglais, est prof en région parisienne pendant 8 ans, avant de se rendre à l'évidence : ce qui lui plaît vraiment, c'est le légume de plein champ. "Je suis fille d'agriculteurs, j'ai toujours travaillé sur la ferme familiale. Mais il a fallu que je parte pour m'en rendre compte". Son BTS Acse en poche, elle s'apprête à reprendre une ferme avec sa sœur. Et, en attendant, est salariée en exploitation légumière. "Ce qui me plaît ? Travailler en plein air, voir pousser les légumes. Mais aussi le goût du travail bien fait. Et l'effort physique".
Denis, lui, a suivi la formation "ouvrier qualifié en légume de plein champ", dispensée par l'Ireo. "J'étais monteur en charpentes métalliques. J'avais besoin de changer. J'ai trouvé un travail varié, plaisant". "Je l'ai formé pendant 6 mois, détaille Jean-Paul Jacq. Puis je lui ai proposé un CDD. Aujourd'hui, il est autonome. Et a des compétences que je n'ai pas, pour la soudure, par exemple".
Chantal Pape
Article paru dans TerrA du 14 Octobre 2011