Hervé Denis :
Se battre pour défendre l'activité agricole
Producteur de viande bovine et de dindes dans les Monts d'Arrée, Hervé Denis siège depuis le printemps dernier au conseil d'administration de la FDSEA. Portrait.
"Moins il y a d'agriculteurs et plus c'est dur". Installé après tiers à Berrien, en plein cœur des Monts d'Arrée, Hervé Denis n'a, depuis 13 ans, jamais cessé de se battre. Pour obtenir un permis de construire pour loger ses vaches allaitantes. Pour lancer une activité d'engraissement de porcs. Et, plus récemment, contre le classement de protection du biotope. "Le premier arrêté comprenait plus de 20% de la surface de la commune", s'insurge l'agriculteur.
Certes, il s'agit, pour le moment, de landes, bois... "Pour le moment !" Mais les contraintes sont énormes, et interdisent toute activité : la charrue mais aussi la cueillette des champignons, la chasse ou même la marche ! "Pas question, dans 20 ans, de laisser à mes enfants une exploitation cernée par une telle bombe à retardement". Reste maintenant à mobiliser les agriculteurs, car les réunions s'enchaînent. "Mais tous ne voient pas le danger d'un tel zonage". Et à trouver des alliés. "Heureusement, les forestiers sont avec nous. Car les résineux seront interdits. Or, les résineux, pour eux, c'est comme le maïs pour nous".
Echanger
Fils d'agriculteurs, Hervé Denis a toujours souhaité s'installer à son tour. Son BTS en poche, il poursuit ses études par un certificat de spécialisation et est embauché en contrat de qualification au CDJA, à Quimper. "C'est sans doute la raison pour laquelle j'y ai pris ma carte, aussitôt installé", reconnaît l'éleveur. Avant d'adhérer, en toute logique, à la FDSEA. Et d'être élu, il y a peu, au conseil d'administration.
Seul sur l'exploitation, sa compagne travaille à mi-temps à Huelgoat, il trouve quand même le temps de se libérer, pour participer aux réunions. Sa motivation principale ? "Ca fait du bien d'échanger avec des gens qui pensent comme moi". Si le conseil fédéral se déroule le soir, le conseil d'administration, lui, a lieu en journée. "Il faut s'organiser. Mais on apprend toujours quelque chose". Et il estime vital que les Monts d'Arrée soient représentés au niveau départemental. "Il faut se défendre. Faire en sorte que cette petite région ne devienne pas un désert ou un sanctuaire. Mais que des activités économiques puissent continuer à s'y développer. Dont l'agriculture".
Chantal Pape
Article Paru dans TerrA du 30 Septembre 2011