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  12/4/2007
  La révolution verte, 15 ans déjà ! - Droit de réponse publié le 12 avril dans Ouest-France


Droit de réponse à Ouest-France

La révolution verte, 15 ans déjà !

Le 5 avril dernier, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs du Finistère ont sollicité un droit de réponse auprès du Directeur de la publication suite à l'éditorial de Didier PILLET, intitulé " La révolution verte, maintenant ", paru dans l'édition de Ouest France en date du 22 mars 2007.

Aujourd'hui, 12 avril, nous avons obtenu un droit de réponse sous la forme d'un "Point de vue" publié en page toutes éditions de Ouest-France (808 136 exemplaires). Le texte du "Point de vue" est celui du droit de réponse que nous leur avions envoyé, avec quelques corrections que nous avons autorisées.

Vous trouverez ci-dessous le droit de réponse (l'original) que nous leur avions envoyé :

 

La révolution verte, 15 ans déjà !

Le Directeur de l'information d'Ouest France, Didier Pillet, a remis en cause l'ensemble de la filière agricole bretonne dans son éditorial du 22 mars dernier. Il a condamné l'agriculture, la jugeant intensive et polluante. Par ses propos, il a porté atteinte à l'image des agriculteurs bretons, de toute la filière agroalimentaire, et de la Bretagne en général. Rien de moins !

C'est ignorer le travail des milliers d'hommes et de femmes qui, en Bretagne, ont réagi pour assurer l'équilibre entre l'économie, l'écologie et l'emploi. C'est dénier l'incroyable investissement humain et financier mis en œuvre pour la reconquête de la qualité de l'eau. C'est surtout ignorer et mépriser l'agriculture, l'agroalimentaire et les métiers de service qui font vivre notre région.

Alors, nous avons décidé de réagir, pour ne pas être humiliés, ignorés, méprisés. Tous ensemble, nous voulons rétablir un certain nombre de vérités.

Maintenant, entrons dans les faits réels.

Tout d'abord, concernant le contentieux communautaire relatif aux eaux superficielles.

Il existe en Bretagne 110 captages d'eaux brutes. En 2001, 37 d'entre eux étaient hors normes. En 2006, seulement 9. Ce qui signifie que les efforts des agriculteurs ont permis un retour aux normes pour 28 captages. Sur les 9 autres captages, 5 le seront dans un délai de un ou deux ans.

On le voit bien : les eaux bretonnes sont de bonne qualité. Ne devrait-on pas reconnaître ces résultats et s'en réjouir ?

Les paysans bretons ne sont-ils pas victimes de leur transparence ?

Contrairement à 6 autres régions et pays européens, la Bretagne ne bénéficie pas de dérogations sur la Directive Nitrates. Contrairement notamment à 4 autres pays, la France communique tous ses chiffres de concentration de nitrates dans les eaux souterraines et superficielles. Contrairement aux idées reçues, et contrairement à certaines autres régions, ces mêmes données font valoir pour la Bretagne une diminution des teneurs en nitrates à la fois pour les eaux de surface et les eaux profondes...

Cela fait plus de 15 ans que les agriculteurs se sont engagés dans la préservation de la qualité de l'eau. Impliqués dès l'origine dans des actions concrètes, les agriculteurs ont montré leur réelle capacité d'adaptation aux exigences environnementales réglementaires et aux attentes de la société.

Mais, plus généralement, le monde agricole et agroalimentaire se mobilise pour un développement durable. Ce concept est d'ailleurs loin de se réduire à la seule protection de l'environnement, comme certains le laissent penser ; car une activité, pour être durable, doit aussi être productive et rentable, et socialement équitable.

L'agriculture est et restera le poumon économique de la Bretagne. L'agriculture a permis le désenclavement de notre région (ce sont les paysans qui ont obtenu des routes, ce sont des paysans qui ont créé la Brittany Ferries). L'agriculture est l'avenir de nombreux jeunes, exploitants et salariés.

Et que dire de l'attractivité de notre région ? Existerait-il un tourisme sans paysages, et donc sans paysans ? On ne peut pas réduire les paysans à la seule fonction de jardiniers de la nature ! Restons raisonnables.

L'agriculture et l'agroalimentaire bretons répondent à leur rôle premier : nourrir les hommes. Et bien les nourrir. Car si nos produits étaient de si faible qualité, auraient-ils des débouchés pérennes?

La société avance grâce aux débats, aux polémiques, aux contrepoids, pourvu que l'information soit la même pour tous. Nous sommes prêts à échanger et nous restons ouverts à une discussion franche, fondée sur des faits réels.

L'agriculture de Bretagne et Ouest France partagent la même attention au progrès, aux équilibres bretons et à notre image. Exprimons le en France et dans le monde, cela sera plus constructif que de susciter des polémiques dépassées.

Pour la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs du Finistère

Thierry MERRET et Stéphane CHOUPEAUX

 



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