Droit de réponse à Ouest-France
La révolution verte, 15 ans déjà !
Le 5 avril dernier, la FDSEA et
les Jeunes Agriculteurs du Finistère ont sollicité un droit de réponse auprès du
Directeur de la publication suite à l'éditorial de Didier PILLET,
intitulé " La révolution verte,
maintenant ", paru
dans l'édition de Ouest France en date du 22 mars 2007.
Aujourd'hui, 12 avril, nous avons obtenu un
droit de réponse sous la forme d'un "Point de vue" publié en page toutes
éditions de Ouest-France (808 136 exemplaires). Le texte du "Point de vue" est celui du
droit de réponse que nous leur avions envoyé, avec quelques corrections que nous
avons autorisées.
Vous trouverez ci-dessous le
droit de réponse (l'original) que nous leur avions envoyé :
La révolution verte, 15 ans déjà !
Le Directeur de
l'information d'Ouest France, Didier Pillet, a remis en cause l'ensemble de la
filière agricole bretonne dans son éditorial du 22 mars dernier. Il a condamné
l'agriculture, la jugeant intensive et polluante. Par ses propos, il a porté
atteinte à l'image des agriculteurs bretons, de toute la filière
agroalimentaire, et de la Bretagne en général. Rien de moins !
C'est ignorer le
travail des milliers d'hommes et de femmes qui, en Bretagne, ont réagi pour
assurer l'équilibre entre l'économie, l'écologie et l'emploi. C'est dénier
l'incroyable investissement humain et financier mis en œuvre pour la reconquête
de la qualité de l'eau. C'est surtout ignorer et mépriser l'agriculture,
l'agroalimentaire et les métiers de service qui font vivre notre
région.
Alors, nous
avons décidé de réagir, pour ne pas être humiliés, ignorés, méprisés. Tous
ensemble, nous voulons rétablir un certain nombre de vérités.
Maintenant,
entrons dans les faits réels.
Tout d'abord,
concernant le contentieux communautaire relatif aux eaux
superficielles.
Il existe en
Bretagne 110 captages d'eaux brutes. En 2001, 37 d'entre eux étaient hors
normes. En 2006, seulement 9. Ce qui signifie que les efforts des agriculteurs
ont permis un retour aux normes pour 28 captages. Sur les 9 autres captages, 5
le seront dans un délai de un ou deux ans.
On le voit
bien : les eaux bretonnes sont de bonne qualité. Ne devrait-on pas
reconnaître ces résultats et s'en réjouir ?
Les paysans
bretons ne sont-ils pas victimes de leur transparence ?
Contrairement à
6 autres régions et pays européens, la Bretagne ne bénéficie pas de dérogations
sur la Directive Nitrates. Contrairement notamment à 4 autres pays, la France
communique tous ses chiffres de concentration de nitrates dans les eaux
souterraines et superficielles. Contrairement aux idées reçues, et contrairement
à certaines autres régions, ces mêmes données font valoir pour la Bretagne une
diminution des teneurs en nitrates à la fois pour les eaux de surface et les
eaux profondes...
Cela fait plus
de 15 ans que les agriculteurs se sont engagés dans la préservation de la
qualité de l'eau. Impliqués dès l'origine dans des actions concrètes, les
agriculteurs ont montré leur réelle capacité d'adaptation aux exigences
environnementales réglementaires et aux attentes de la société.
Mais, plus
généralement, le monde agricole et agroalimentaire se mobilise pour un
développement durable. Ce concept est d'ailleurs loin de se réduire à la seule
protection de l'environnement, comme certains le laissent penser ; car une
activité, pour être durable, doit aussi être productive et rentable, et
socialement équitable.
L'agriculture
est et restera le poumon économique de la Bretagne. L'agriculture a permis le
désenclavement de notre région (ce sont les paysans qui ont obtenu des routes,
ce sont des paysans qui ont créé la Brittany Ferries). L'agriculture est
l'avenir de nombreux jeunes, exploitants et salariés.
Et que dire de
l'attractivité de notre région ? Existerait-il un tourisme sans paysages,
et donc sans paysans ? On ne peut pas
réduire les paysans à la seule fonction de jardiniers de la nature !
Restons raisonnables.
L'agriculture et
l'agroalimentaire bretons répondent à leur rôle premier : nourrir les
hommes. Et bien les nourrir. Car si nos produits étaient de si faible qualité,
auraient-ils des débouchés pérennes?
La société
avance grâce aux débats, aux polémiques, aux contrepoids, pourvu que
l'information soit la même pour tous. Nous sommes prêts à échanger et nous
restons ouverts à une discussion franche, fondée sur des faits réels.
L'agriculture de
Bretagne et Ouest France partagent la même attention au progrès, aux équilibres
bretons et à notre image. Exprimons le en France et dans le monde, cela sera
plus constructif que de susciter des polémiques dépassées.
Pour la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs du
Finistère
Thierry
MERRET et Stéphane CHOUPEAUX