Défendons un projet
agricole ambitieux pour la Bretagne !
Alors que le secteur
agricole et agroalimentaire français perd en compétitivité, Thierry Merret,
président de la FDSEA, lance un appel à la profession agricole : c'est unie
qu'elle doit se battre, pour défendre un projet agricole ambitieux pour la
Bretagne.
Le constat est
amer : la France perd inexorablement de sa compétitivité. Pour le secteur
agricole et agroalimentaire, la balance commerciale a diminué de 3,1 milliards
d’euros ! L’Etat doit se réveiller et prendre en compte l’importance de ce
secteur dans sa stratégie économique.
Travailler
ensemble
Les acteurs économiques
bretons s’accordent sur le fait qu’il faille défendre un projet ambitieux pour
la Bretagne agricole. Nous devons travailler ensemble sur les facteurs de
compétitivité : prix de revient, prix de marché, gestion des volumes.
Ensemble, car la profession agricole, en allant en ordre dispersé auprès des
Pouvoirs publics, filière par filière, est
inaudible !
Les agriculteurs ont deux
leviers : améliorer encore leur coût de revient par une réelle gestion
entrepreneuriale de leur exploitation, mais également se regrouper pour
massifier l’offre au sein d’organisations de producteurs, avec une discipline
collective.
Une expérimentation
régionale
C’est au travers
d’organisations, gérées dans l’intérêt du maillon production, que les
producteurs réduiront au maximum leur coût de revient par des intrants au
meilleur prix, et pourront renforcer leur pouvoir de négociation au sein des
filières ! L’Union européenne et le Groupe à Haut Niveau laissent envisager des
possibilités en ce sens. Anticipons ! Nous demandons à l’Etat, à titre
expérimental pour la Bretagne, une
instance reconnue de gestion concertée des marchés, sur la fixation des prix et
sur la gestion des volumes. Pour être efficace, il sera nécessaire d’y
établir des règles entre organisations économiques et de les faire
respecter.
La compétitivité appelle
souvent aux distorsions de concurrence, qu’elles soient intra- européennes ou
franco-françaises. Bruno Le Maire semble avoir enfin entendu le message. Dont
acte ! Notamment en production porcine, frappée par une hausse du coût de
l’aliment après quatre ans de crise : l’administration doit faciliter la
mise en cohérence des élevages et diminuer la pression administrative. Ne
faisons pas la même erreur que la filière avicole, avec ses deux plans de
cessation qui ont eu pour seul effet une baisse de l’activité économique de
notre région !
Une seule et même
voix
Toutes les filières sont
concernées et ont des intérêts communs : l’avenir de notre territoire. Si
nous voulons des actes de l’Etat, il faudra aller les obtenir ensemble d’une
seule et même voix ! Chacun doit prendre ses responsabilités pour l’avenir
de notre économie qui ne pourra pas être prospère avec une agriculture en
décadence.
(article paru dans TerrA n°242 du 15 octobre
2010)