Christian Fiche, Scaer : S'engager pour aider les
autres
Producteur de lait à Scaer,
Christian Fiche vient de prendre la tête du syndicat cantonal FDSEA.
Portrait.
Né sur une exploitation agricole,
Christian Fiche n'a jamais vraiment songé à faire autre chose. "Tout petit, nous
étions tout le temps sur la ferme, se souvient-il. A l'époque, on ne regardait
la télé que le soir ! "Alors, avant ou après l'école, et pendant toutes les
vacances scolaires, c'est là qu'on le retrouve. "On donnait à boire aux veaux.
Et j'ai dû commencer à traire les vaches à 8 ans, perché sur une brique".
Théorie et pratique
De son propre aveu "pas trop
intéressé par les études", il décroche un Bepa puis devient aide familial, tout
en travaillant à temps partiel pour le service de remplacement de la
coopérative. "On intervenait pour les vacances, les accidents ou maladies, les
congés maternité". C'est aussi à cette époque qu'il suit un stage de
perfectionnement à Montebourg, en Normandie. "Le centre de formation disposait
de 4 ou 5 machines à traire de marques différentes, ce qui nous permettait de
bien saisir les subtilités de chacune d'entre elles". Un stage qui allie apports
théoriques et mise en pratique pendant "un mois et demi très intensif", et qui
lui donne toutes les clés pour mener à bien son emploi de remplaçant.
Passionné par l'élevage
Il a 29 ans quand il reprend une
exploitation à proximité de la ferme familiale et crée un Gaec avec ses parents.
Au départ en retraite de son père, son amie le rejoint sur l'exploitation.
D'abord salariée à mi-temps puis à plein temps au départ en retraite de sa mère,
elle opte pour un congé parental à la naissance de leur second enfant.
"Maintenant qu'il a trois ans, elle devrait reprendre à mi-temps".
Passionné par l'élevage, Christian
l'est beaucoup moins par les travaux des champs. Aussi décide-t-il d'arrêter les
céréales au départ en retraite de ses parents. "Jusque-là, nous en faisions une
vingtaine d'hectares. Mais, une fois seul, ça n'était plus possible". D'autant
que les vieux bâtiments d'exploitation ont été conservés, rendant les soins aux
animaux plus longs, surtout en hiver.
Christian décide aussi de déléguer
une bonne partie des gros travaux. "Une Cuma a été créée ici au début des années
90 et a rapidement embauché un chauffeur. J'en ai profité pour lui confier les
labours, l'épandage de lisier et de fumier, la préparation de sol, le pressage
de la paille ou du foin... Et revendre ma charrue et mon round baller".
Aider
Adhérent au CDJA dès la fin de ses
études, il devient rapidement trésorier cantonal, poste qu'il occupe jusqu'à ses
35 ans... et qu'il retrouve aussitôt après au syndicat local de la FDSEA avant
d'être élu, l'hiver dernier, président du canton de Scaër, qui regroupe aussi
les communes de Saint Thurien et Querrien. "C'est important d'aider les autres,
avance-t-il pour expliquer son engagement. Et, pour les agriculteurs, d'être
représenté que ce soit auprès de l'administration, des collectivités locales, du
voisinage...".
Elu depuis peu, il prend ses marques.
"On se réunit au moins une fois par trimestre, pour examiner les affaires
foncières et donner un avis pour la commission structures", détaille Christian.
Un foncier qui, comme dans de nombreux secteurs du département, crée des
tensions. "Une entreprise danoise, aujourd'hui rachetée par des belges, s'est
implantée sur la commune, pour y produire des sapins de Noël. Pour le moment,
elle dispose de 380 hectares. Et elle veut encore s'agrandir". Ce qui, sur le
terrain, fait flamber les prix et rager les agriculteurs. "De très bonnes terres
sont parties pour le sapin".
Article paru dans TerrA n°240 du 1er
octobre 2010