Veau de boucherie : Les producteurs veulent reprendre la
main
Equilibre offre-demande,
découplage de la PAB veau, renégociation du contrat-type et des rémunérations
... : réunie vendredi dernier à Lesneven, la section veaux de boucherie de la
FDSEA ne manque pas de sujets de réflexion !
"J'ai des craintes pour le second
semestre 2010". Après une année 2009 qui s'est globalement bien passée, "grâce à
un équilibre entre offre et demande", Catherine Debroize, présidente de la
section veaux de boucherie de la FRSEA, n'est guère optimiste. "Le prix du veau
de 8 jours est à la hausse, tout comme le prix de la poudre de lait et du
lactosérum. Et, en 2009, le prix de vente du veau a été tellement linéaire, avec
une cotation aux alentours de 5,45 €, qu'il va être difficile de répercuter la
hausse du prix de revient auprès de la distribution".
Une seule variable d'ajustement ?
Un scénario qui n'est pas sans
inquiéter la profession. "Ces dernières années, le secteur a été malmené",
rappelle Fabrice Heudier, président de la section veau de boucherie de la FNB,
la fédération nationale bovine. Suite à la flambée des cours des matières
premières, en 2007, certains intégrateurs se sont désengagés du métier et, sur
le terrain, ce sont les éleveurs qui en ont fait les frais, contraints à arrêter
la production. "A chaque crise, les producteurs sont la seule variable
d'ajustement".
Revoir la rémunération
2010 verra la mise en place du
découplage de la PAB veau, désormais intégrée au montant des DPU de
l'exploitation. "Ce découplage va nous permettre de reprendre la main, face aux
intégrateurs", estime Fabrice Heudier. L'occasion, espèrent les producteurs, de
voir la rémunération repartir à la hausse. "Ce sera l'opération vérité sur les
prix pour les nouveaux investisseurs, qui ne bénéficieront d'aucune prime : si
le marché n'a pas capacité à permettre aux éleveurs de vivre de leur métier, le
renouvellement ne se fera pas". Une rémunération que la FNB chiffre à au moins
240 €/place, 120 €/veau sorti quand une étude réalisée en Ille et Vilaine
avance, pour 2008, des chiffres oscillant entre 35 et 61 € ! "On est loin du
compte".
Renégocier le contrat-type
Les producteurs souhaiteraient aussi
saisir l'occasion du découplage pour renégocier le contrat-type qui les lie à
une entreprise. "Il date des années 80 et ne correspond plus du tout à la
production d'aujourd'hui", plaide Fabrice Heudier. Mais, pour le moment, les
entreprises intégratrices restent sourdes aux arguments des éleveurs. "Leur
seule demande est d'aller vers une plus grande flexibilité, pour éviter les
mises en place quand il n'y a pas de débouchés. Mais sans, pour autant, vouloir
rémunérer l'éleveur quand les cases restent vides".
Observatoire veau de boucherie : Inscrivez-vous !
Comme en aviculture
il y a quelques années déjà, les chambres d'agriculture réfléchissent à la mise
en place d'un observatoire technique et économique pour le veau de boucherie.
"Comme pour les autres productions, les éleveurs souhaitent disposer de repères
pour analyser leurs résultats et dégager des marges de progrès", indique
Jean-Pierre Quillien, de la chambre d'agriculture du Morbihan. Basée sur le
volontariat et l'anonymat, l'enquête devrait démarrer avec une centaine
d'élevages, 10% de la production bretonne. "Et permettrait d'apporter plus de
clarté et de transparence dans les chiffres".
Si la démarche vous
intéresse, vous pouvez joindre Jean-Pierre Quillien, au 02 97 46 28
41.
Article Paru dans
TerrA n°214 du vendredi 2 avril 2010