Plantation d'échalotes : Faites feu de tout bois !
Cette année, la
plantation d'échalotes ne coïncide pas avec les vacances scolaires. Un vrai
casse-tête pour bon nombre de producteurs, qui voient leurs chantiers rester en
souffrance par manque de personnel.
A la SARL Cabon, à
Ploudaniel, la saison de plantation de l'échalote est désormais terminée. "Mais,
cette année, il nous aura fallu 13 demi-journées là où, d'habitude, 4
suffisent", reconnaît Jean-Pierre. D'habitude, c'est quand la météo y met du
sien et que la plantation peut s'effectuer pendant les vacances scolaires. "Il y
a alors 60 à 80 personnes dans les champs".
Etre réactif
Cette année, la
plantation a été bien plus laborieuse ! Les scolaires indisponibles, il n'est
pas simple de trouver du personnel. "Nous avons contacter Pôle emploi et l'AEF".
Surprise : de nombreux bénéficiaires des Restos du coeur les ont contactés par
téléphone. "L'un des bénévoles avait vu notre annonce sur Internet et l'avait
épinglé à l'antenne de Brest". Encore plus inattendu, "un producteur nous a dit
mettre ses annonces sur Le Bon Coin". Le site Internet est réputé pour ses
objets d'occasion en tous genres mais marche aussi pour la recherche d'emploi,
notamment pour des équipes de jeunes, mobiles, à la recherche de saisons à
effectuer en agriculture. "Il faut être réactif, ne pas hésiter à creuser de
nouvelles pistes".
Une fois l'équipe
constituée, encore faut-il la garder. "Cette année, on a fait plus de 60
bulletins de salaire, pour 23 personnes présentes, en moyenne, chaque
après-midi". Certains n'ont fait que 3 heures de travail, n'allant pas plus loin
que la première pause ! "Cette année, les conditions de plantation étaient
difficiles, affirme Julien. Il faisait froid et certains jeunes sont venus en
survêtement et basket".
Fidéliser le personnel
Mais
d'autres ont fait plus de 60 heures ! "Nous avons un noyau d'une quinzaine
d'habitués, qui nous téléphonent quand la saison approche". Et la philosophie
des frères Cabon est sans doute aussi pour quelque chose dans la fidélisation du
personnel. "Nous sommes à genoux, avec eux : nous savons que le travail est dur,
que la dernière heure de la journée est difficile", explique Jean-Pierre. "Et il
faut être tolérant, accepter les gens, avec leurs différences, rajoute Julien.
Dans une équipe, certains vont vite, d'autres moins. C'est comme ça". En fin de
contrat, la rémunération sera différente. "Il faut reconnaître la compétence des
gens". Ravis de l'aubaine, certains se sont déjà inscrits pour la récolte
!
Article Paru dans TerrA n°214 du
vendredi 03 avril 2010