Un nouveau
président pour la section porc
Installé dans le pays bigouden, Emile Riou vient de succéder à
Jean-Yves Trébaol à la tête de la section porcs de la FDSEA.
Portrait.
Ses diplômes en poche, BTAG à Bréhoulou puis BTS à Angers,
Emile Riou a commencé à chercher du travail. "Et c'est quand j'en ai trouvé
un... que je me suis installé". Nous sommes en 1984, année où il reprend 11 ha
et 450 places de charcutiers. "En 1987, j'ai intégré le Gaec familial, avec mes
parents et mon frère et, deux ans plus tard, nous avons quasiment doublé la
capacité de l'élevage, de 120 à 200 truies".
1992, l'environnement
En 1992, son père prend sa préretraite. "C'est aussi l'époque
où sont apparus les premiers problèmes concernant l'environnement, avec les
plans d'épandage, les distances par rapport aux tiers...". Les plans de cessation laitière se succèdent
et l'exploitation récupère une centaine d'hectares, pour atteindre une SAU de
180 ha. "A cette époque, Plogastel Saint Germain était le canton européen qui a
perdu le plus de lait, 2 millions de litres".
Les frères Riou décident de remettre leur élevage à plat et
partent sur un projet de 600 truies, avec des bâtiments neufs, projet mené à son
terme en 1994. "Aujourd'hui, nous avons un atelier naisseur engraisseur de 590
truies, une SAU de 240 ha, une petite activité d'entrepreneur de travaux
agricoles et nous employons 6 permanents, l'équivalent de 5,5 temps
plein".
Syndicaliste de la première
heure
A la fin de ses études, Emile adhère au CDJA. "A quelques-uns,
nous avons monté le CCJA du pays bigouden, qui comptait une bonne soixantaine
d'adhérents". Il siège au conseil d'administration départemental dès 1984, et
est élu vice-président en 1987, un poste qu'il occupera jusqu'en 1994. Atteint
par la limite d'âge, il quitte le CDJA en 1995 et, après un passage éclair à la
FDSEA, 3 mois au poste de secrétaire général, il met fin à ses responsabilités.
"Je n'étais pas complètement absent, j'ai continué à suivre le dossier Pac, les
travaux de la section grandes cultures...".
Elu administrateur du
canton de Plogastel Saint Germain en 2002, il siège d'abord au conseil
d'administration de la FDSEA, avant d'entrer au bureau en 2007 puis d'être élu
premier vice-président au printemps dernier. "Jean-Yves Trébaol, le président de
la section porcs, a démissionné de ses fonctions lorsqu'il a été élu président
de Cofiporc. Après avoir assuré l'intérim pendant quelques mois, je viens de le
remplacer". Une responsabilité de plus pour Emile, qui a toujours un fer au
feu.
Contenir les charges
"L'histoire de l'ammonitrate est partie bizarrement". Un
fabricant d'engrais l'informe sur le différentiel entre les prix pratiqués sur
le terrain et ceux qu'ils pourraient être, compte-tenu de la baisse du prix du
pétrole. "C'était une partie de poker menteur et certains ont perdu",
résume-t-il. Les grands gagnants ont été les agriculteurs, qu'ils aient ou non
acheté par le biais du groupement d'achat monté par la FDSEA. "On a cassé les
prix sur toute la Bretagne et chacun a gagné 100 €/tonne". Une opération lourde
à monter et à mener à son terme mais qu'Emile n'hésitera pas à réitérer, si
besoin, quelque soit le sujet.
Retrouver
du pouvoir
"On n'est pas livreur de matière première, on est vendeur. La
nuance est importante". Après 3 ans de crise, le producteur de porcs qu'il est
ne peut que s'interroger sur la façon de mieux valoriser ses produits. Et le
président de la section porcs de dénoncer les importations. "Il faut exiger des
industriels un comportement de solidarité vis à vis des producteurs : qu'ils
achètent d'abord français". Il a aussi la désagréable impression que le maillon
production, "aujourd'hui, tout le monde s'en fout". Pour reprendre du pouvoir au
sein de la filière, la FDSEA propose donc un nouveau schéma, basé sur les OP et
les AOP. "Il faut instaurer un goulot d'étranglement, où passeront tous les
porcs. En commençant par définir un socle commun car, aujourd'hui, d'un bout à
l'autre de la Bretagne, il y a 36 sortes de cochons".
Article paru dans TerrA n°190 du 16 octobre
2009