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  7/12/2007
  L’embauche au féminin : les femmes sont-elles l'avenir de l'agriculture ? (article paru dans Terra n°93)


L'embauche au féminin
Les femmes sont-elles l'avenir de l'agriculture ?

 

Année après année, les femmes sont de plus en plus présentes chez les salariés agricoles, y compris dans des professions où on ne les attendait pas !

En 2006, l'observatoire départemental de l'emploi agricole du Finistère ( AEF/ MSA) fait apparaître que le nombre de femmes salariées est très variable selon les secteurs d'activités. Entre 1998 et 2006, sur l'ensemble des secteurs de productions, les femmes en contrat à durée déterminée (CDD) sont passées de 37% à 39% des effectifs alors que, dans le même temps, celles en CDI sont passées de 27% à plus de 32% des personnels en place.

Les hommes restent majoritaires dans la quasi-totalité des secteurs, seules les productions végétales sous abris (fraises, tomates et fleurs) proposent des emplois majoritairement féminins. D'ailleurs, paradoxe lié à des idées reçues, c'est le faible nombre de candidatures masculines qui peut poser des difficultés dans ces métiers.

La féminisation de l'emploi agricole est donc en marche et force est de constater que le sexe dit "faible" fait reculer, année après année, les limites professionnelles dont il était affublé.

L'élevage porcin en première ligne
Les difficultés de recrutement en élevage porcin s'amoindrissent depuis plusieurs années. L'arrivée en nombre de candidatures féminines a permis à ce secteur de mieux relever le défi de l'emploi. Des femmes, principalement non originaires du milieu agricole, se sont laissées convaincre de l'intérêt de ces métiers. C'est une communication ciblée, cohérente et volontaire de la profession, arguant d'une probante meilleure adéquation des femmes pour les emplois dans les maternités porcines, qui a permis d'obtenir ces bons résultats.

"Oui, mais pas que la maternité !" Face à cet afflux de candidatures féminines, les éleveurs et leurs collaborateurs doivent accepter l'idée que les femmes (elles le revendiquent) puissent travailler sur les autres postes de l'élevage. Rien ne sera plus terrible que d'attirer vers nos métiers des candidates, de les former et de ne pas être en mesure de les employer. La raison mise en avant pour privilégier un recrutement masculin reste toujours la force physique.

L'élevage laitier, des employeurs à convaincre
La production laitière pourrait voir, rapidement, ses besoins en matière de salariat croître de manière conséquente. Ce secteur va devoir faire face à un grand nombre de départs à la retraite de producteurs dans les cinq ans, entraînant un probable agrandissement des exploitations.

La femme salariée en production laitière, si l'on fait abstraction de l'épouse de l'exploitant ayant opté pour ce statut, n'est encore pas une réalité (moins de 10% des effectifs). Il est aujourd'hui très compliqué de faire embaucher une femme dans cette production si la conjointe de l'employeur est elle-même active sur l'exploitation. Par ailleurs, et ce sont des images qu'il va falloir considérer là encore comme révolues, une femme ne cherche pas forcément du temps partiel et peut, n'en déplaisent aux "machos", parfaitement maîtriser le matériel agricole. Encore faut-il la laisser se l'approprier !

Le machinisme agricole, un secteur fortement masculin mais plus pour longtemps !
Les emplois de chauffeurs en ETA, CUMA et autres exploitations de grandes cultures comptent en leur sein quelques exemples de réussite au féminin. Il s'agit, pour le moment, de frémissements mais il y a fort à parier que les employeurs séduits feront des émules. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder l'évolution du nombre de femmes en formation mécanique.

La démographie contre nous
Les très nombreux départs à la retraite programmés dans tous les secteurs de l'économie française vont peser sur le marché de l'emploi. Les recrutements vont devenir de plus en plus difficiles et les entreprises et secteurs d'activités vont devoir faire preuve d'ingéniosité pour attirer et fidéliser les salariés. La concurrence sera rude et l'agriculture n'y échappera pas.

Les employeurs qui s'obstineront à privilégier un recrutement masculin, certes parfois justifié, doivent savoir qu'ils se priveront de 60% des candidatures potentielles !!

 


Auteur : Gilles BUREL

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