L'embauche au féminin
Les femmes sont-elles
l'avenir de l'agriculture ?
Année après
année, les femmes sont de plus en plus présentes chez les salariés agricoles, y
compris dans des professions où on ne les attendait pas !
En 2006,
l'observatoire départemental de l'emploi agricole du Finistère (
AEF/
MSA) fait apparaître que le nombre de
femmes salariées est très variable selon les secteurs d'activités. Entre 1998 et
2006, sur l'ensemble des secteurs de productions, les femmes en contrat à durée
déterminée (CDD) sont passées de 37% à 39% des effectifs alors que, dans le même
temps, celles en CDI sont passées de 27% à plus de 32% des personnels en
place.
Les hommes
restent majoritaires dans la quasi-totalité des secteurs, seules les productions
végétales sous abris (fraises, tomates et fleurs) proposent des emplois
majoritairement féminins. D'ailleurs, paradoxe lié à des idées reçues, c'est le
faible nombre de candidatures masculines qui peut poser des difficultés dans ces
métiers.
La féminisation
de l'emploi agricole est donc en marche et force est de constater que le sexe
dit "faible" fait reculer, année après année, les limites professionnelles dont
il était affublé.
L'élevage porcin en première
ligne
Les difficultés
de recrutement en élevage porcin s'amoindrissent depuis plusieurs années.
L'arrivée en nombre de candidatures féminines a permis à ce secteur de mieux
relever le défi de l'emploi. Des femmes, principalement non originaires du
milieu agricole, se sont laissées convaincre de l'intérêt de ces métiers. C'est
une communication ciblée, cohérente et volontaire de la profession, arguant
d'une probante meilleure adéquation des femmes pour les emplois dans les
maternités porcines, qui a permis d'obtenir ces bons résultats.
"Oui, mais pas
que la maternité !" Face à cet afflux de candidatures féminines, les éleveurs et
leurs collaborateurs doivent accepter l'idée que les femmes (elles le
revendiquent) puissent travailler sur les autres postes de l'élevage. Rien ne
sera plus terrible que d'attirer vers nos métiers des candidates, de les former
et de ne pas être en mesure de les employer. La raison mise en avant pour
privilégier un recrutement masculin reste toujours la force physique.
L'élevage laitier, des employeurs à
convaincre
La production
laitière pourrait voir, rapidement, ses besoins en matière de salariat croître
de manière conséquente. Ce secteur va devoir faire face à un grand nombre de
départs à la retraite de producteurs dans les cinq ans, entraînant un probable
agrandissement des exploitations.
La femme
salariée en production laitière, si l'on fait abstraction de l'épouse de
l'exploitant ayant opté pour ce statut, n'est encore pas une réalité (moins de
10% des effectifs). Il est aujourd'hui très compliqué de faire embaucher une
femme dans cette production si la conjointe de l'employeur est elle-même active
sur l'exploitation. Par ailleurs, et ce sont des images qu'il va falloir
considérer là encore comme révolues, une femme ne cherche pas forcément du temps
partiel et peut, n'en déplaisent aux "machos", parfaitement maîtriser le
matériel agricole. Encore faut-il la laisser se l'approprier !
Le machinisme agricole, un
secteur fortement masculin mais plus pour
longtemps !
Les emplois de
chauffeurs en ETA, CUMA et autres exploitations de grandes cultures comptent en
leur sein quelques exemples de réussite au féminin. Il s'agit, pour le moment,
de frémissements mais il y a fort à parier que les employeurs séduits feront des
émules. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder l'évolution du nombre de
femmes en formation mécanique.
La démographie contre
nous
Les très
nombreux départs à la retraite programmés dans tous les secteurs de l'économie
française vont peser sur le marché de l'emploi. Les recrutements vont devenir de
plus en plus difficiles et les entreprises et secteurs d'activités vont devoir
faire preuve d'ingéniosité pour attirer et fidéliser les salariés. La
concurrence sera rude et l'agriculture n'y échappera pas.
Les employeurs
qui s'obstineront à privilégier un recrutement masculin, certes parfois
justifié, doivent savoir qu'ils se priveront de 60% des candidatures
potentielles !!