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    Actualités / Communication / 2006 / Octobre
 
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FDSEA du Finistère

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  27/10/2006
  TSST : Poussez pas ! Y'en n'aura pas pour tout le monde !... (article paru dans TerrA n°35)

TSST = Transfert spécifique de quota sans terre

TSST : Poussez pas ! Y'en n'aura pas pour tout le monde !...

 

Après deux ans d'une gestation aussi risquée que laborieuse, Bébé est apparu ! Un peu rachitique, certes, mais bien vivant et c'est l'essentiel. Et si certains tontons font déjà la grimace (y'en n'aura pas pour tout le monde), d'autres " cousins "* ne feront pas la fine bouche.

Officialisé dans le Finistère par un arrêté préfectoral signé le 29 septembre 2006, c'est avant le 31 octobre que les demandeurs doivent ramener leur dossier à la DDA. Les délais sont donc ultra-courts, ce qui ne nous a pas laissé le temps de bien communiquer sur le sujet. Et depuis, la FDSEA croule sous les appels des uns qui veulent acheter, qui 50 000, qui 100 000 litres, tandis que d'autres protestent déjà au motif que "c'est toujours pour les mêmes !". Aussi, une mise au point s'avère nécessaire.

Telle la plus belle femme du monde qui ne peut donner plus qu'elle n'a (H. de Guébriant), le TSST, le transfert spécifique de quota sans terre, ne pourra mettre en vente plus de litrage que celui pour lequel une prime à la cessation aura été demandée. Et encore, seulement après que le programme classique de redistribution gratuite, financé à partir d'une enveloppe régionale, abondée par les pénalités pour dépassement de quota, ait été épuisé. À l'heure actuelle, le montant de cette enveloppe n'est pas encore connu, mais nous pensons qu'il financera la moitié du volume pour lequel une prime de cessation a été demandée. Ce volume lui-même n'est pas arrêté définitivement, car les cédants, qui avaient jusqu'au 30 septembre pour déposer leur dossier, disposent de trente jours pour se rétracter. Cela nous fait beaucoup d'inconnues et il faudra donc prendre les estimations qui suivent avec prudence.

 

La pérennité de la réserve départementale garantie

Si l'on se base sur les "bruits de couloir", il y aurait un financement "public" pour indemniser à peu près 5 millions de litres. Puisqu'une prime de cessation a été demandée pour 12 millions de litres, il resterait donc 7 millions de litres à financer par le nouveau dispositif TSST. Ce volume ne serait pas pour autant complètement disponible pour la vente. En effet, les litrages présentés à la cessation comportent parfois des compléments gratuits, estimés à 3%, qui rejoindront la réserve gratuite. De plus, la différence entre le prix de vente linéaire, fixé à 0,15 €, et le prix de rachat dégressif versé au cédant, permettra d'augmenter l'enveloppe consacrée à la réserve gratuite. Dans l'hypothèse retenue, avec un quota moyen du cédant de 150 000 litres, ce sont près de 0,6 million de litres qui vont rejoindre la réserve gratuite. Ainsi, loin de "tarir" la réserve départementale, le dispositif TSST va au contraire garantir sa pérennité. Résultat des calculs :

7 M° - 3 % (compléments gratuits) – 0,6 M° (différence linéaire/dégressif) =   6,2 M° à "revendre" et donc plus de 5,8 M° à redistribuer gratuitement.

L'objectif recherché à travers le TSST étant d'aider à optimiser les ateliers existants, la majorité départementale a fait le choix d'une redistribution structurante de 20 000 litres par exploitation en évitant le saupoudrage pourtant plus "vendeur" en cette période pré-électorale. De plus, les compléments laitiers attribués gratuitement (JA) ou à titre onéreux (TSST) sont désormais "découplés", c'est à dire sans ADL. C'est comme un lait qu'on vendrait 35 € / 1000 l. moins cher que la référence "historique" de l'exploitation. L'intérêt de ces attributions est donc conditionné à leur valorisation au coût marginal, sans augmenter les charges de structure. Ce sont, d'après les estimations ci-dessus, près de 300 exploitants qui auront accès cette année au TSST, tandis que les 5,8 M° restants se rajouteront aux volumes provenant des transferts fonciers (1 à 2 M° ), des sous-réalisations structurelles (0,5 M°) et les cessations spontanées (1,5 M° en moyenne les dernières années) pour constituer une réserve "gratuite" consistante ( 9 M° !) permettant de relancer dès l'année prochaine une distribution "tout public" vigoureuse. Car, qu'il s'agisse d'une attribution à titre onéreux ou gratuite, le lait provenant des cessations aidées ne sera disponible qu'à partir du 1er avril prochain.

* "Pour autant, on ne peut pas déconseiller, à priori, aux producteurs de s'intéresser à cette mesure... et dans certaines situations (coût de production faible, pas d'investissements nécessaires), ce pourra être la solution pour l'accès à un volume de production décent. " (Rémi Le Mézec dans La Bretagne agricole, oct. 2006)

 

Qui aura accès au TSST ?

Notre département connaît un dynamisme laitier formidable et il y a fort à parier qu'une bonne moitié, au moins, des 3 700 producteurs de lait souhaite acheter un complément de référence. Dans un souci de simplification administrative (si, si, ça existe !), les pouvoirs publics ont "blanchi" les compléments gratuits de plus de 5 ans. Sur les quatre dernières campagnes connues, 1 460 producteurs ont bénéficié de compléments gratuits. Ainsi, 2 240 producteurs n'ont rien eu. Sachant que nous ne pourrons retenir à priori que 300 dossiers, qui privilégier ?

Remarque importante : le TSST est un dispositif initié et financé par les professionnels uniquement. C'est pourquoi la majorité départementale a exigé et obtenu que ce soit une commission professionnelle, sous l'égide de la DDA, qui gère cette vente. Le souhait général est que ce dispositif soit ouvert à tous, sans exclusion. Rappelons qu'il ne s'active qu'après avoir "épuisé" la redistribution gratuite qui, depuis l'origine, privilégie d'abord les jeunes agriculteurs, puis les petits producteurs. Il nous a donc semblé logique de prioriser ceux qui restent toujours en marge de cette distribution gratuite. Et, toujours dans cette logique, les heureux bénéficiaires de cette première attribution devront admettre ensuite de laisser leur tour pour que, année après année, tous puissent y avoir accès. Mais nous invitons tous les producteurs désirant acquérir un complément de référence à remplir la demande que la laiterie leur a adressée, même si, par maladresse ou mauvaise compréhension, ces imprimés comportent des critères d'exclusion que nous refusons. Cela nous permettra de justifier la poursuite et le développement du dispositif qui, rappelons-le, n'a été autorisé par décret ministériel du 28 août qu'à titre expérimental.

 

Quelles évolutions prévoir pour ce TSST ?

D'abord, réjouissons-nous si de nombreux collègues des autres départements, qui étaient à l'origine réservés sur la pertinence d'un tel dispositif, s'enthousiasment aujourd'hui, car il va permettre de poursuivre la restructuration laitière (40 départements ont adopté "notre" projet !). D'autres comprennent enfin l'intérêt de rendre la prime à la cessation plus attractive afin d'alimenter cette restructuration. Le découplage des aides n'est pas une idée "naturelle" à assimiler. C'est à chacun d'imaginer les meilleures solutions pour faire évoluer son exploitation. En tout état de cause, c'est l'optimisation économique des facteurs de production qui, seule, nous permettra de supporter l'avenir sombre que nous promet la Commission Européenne : baisse des aides, fin des quotas, fin des restitutions, etc. Que l'on choisisse d'abandonner la production laitière au profit d'un autre atelier ou, au contraire, de le développer, ce n'est pas l'agrandissement à outrance qui sécurisera l'exploitation, mais bien la recherche du coût de revient le plus faible. Ce dispositif peut répondre tant aux besoins des cédants qu'à ceux des preneurs. Il est donc dans notre intérêt à tous que chacun remplisse un dossier même si, cette année, peu de gens en bénéficieront. Cela nous cautionnera dans notre volonté de pérenniser ce dispositif, en le développant pour que, l'année prochaine, le bébé soit plus joufflu.

Section laitière de la FDSEA 29.

 

article paru dans TerrA n°35 - édition Finistère - 26 octobre 2006

 



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