DPU - Cédants récalcitrants : une affaire gagnée !
Alors qu'il s'y
était engagé par clause, un cédant a refusé de transmettre au repreneur de son
foncier les éléments permettant le transfert des DPU. Accompagné par le service
juridique de la FDSEA, le repreneur a alors porté l'affaire devant le TGI de
Quimper et obtenu gain de cause.
Tous les 4 mois
environ, les juristes des FDSEA et des chambres d'agriculture du Grand Ouest se
réunissent pour échanger leurs expériences et leurs jurisprudences. C'est à
l'une de ces occasions qu'il a été fait état d'une ordonnance du TGI de Saint
Brieuc, en date du 8 février 2006, faisant injonction à un cédant de respecter
son engagement pris, par clause contractuelle, de céder ses DPU au repreneur des
terres.
Message aux adhérents
Une telle
décision judiciaire, en pleine période de constitution des dossiers DPU, se
devait d'être diffusée. C'est avec la "lettre aux adhérents" de février 2006,
lettre mensuelle destinée aux adhérents de la FDSEA, que nous avons fait passer
l'information. Les effets ne se sont pas fait attendre : appels téléphoniques de
repreneurs voulant se servir de cette jurisprudence pour faire pression sur leur
cédant récalcitrant, mais également de cédants curieux voire inquiets des
conséquences de l'ordonnance. Bien souvent la simple connaissance de la décision
a suffi pour régler les litiges à l'amiable et c'est quand même préférable pour
tout le monde !
Le TGI de Quimper
Mais dans un
cas, le contentieux n'a pu être évité. Un adhérent de la FDSEA nous a fait part
de son affaire : en février 2005, un cédant s'était engagé par clause, à lui
transférer les DPU en sa qualité de repreneur du foncier par bail rural, et ce
quand ils seront établis et notifiés par la DDAF. Malgré plusieurs relances
amiables, le cédant refusait de transmettre les éléments permettant d'établir le
transfert des DPU.
Dans le cadre de
l'Assurance Protection Juridique, dont est titulaire notre adhérent auprès de
Groupama, le service juridique et le service syndical de la FDSEA ont déclaré le
litige, ont tenté à l'amiable de le régler et, face à l'obstination du cédant et
de ses conseils, nous avons transmis le dossier à Maître Miossec, avocat, et
avons accompagné notre adhérent dans une procédure judiciaire, devant le TGI de
Quimper.
Une issue favorable
Par jugement du 2 mai 2006, le TGI de Quimper a enjoint le
cédant "de fournir dans un délai de trois jour à compter de la signification
du présent jugement les éléments nécessaires à la constitution du dossier DPU
....A défaut d'exécution dans ce délai, autorise Mr...(le repreneur) à se
substituer à Mr...(le cédant) afin de transmettre en relation avec Mr...(le
conciliateur), son centre comptable, les éléments nécessaires à la constitution
du dossier de transfert de DPU, au besoin en faisant compléter par
l'administration ou tout tiers tous les éléments en la possession de
ceux-ci
".
Depuis, notre
adhérent a obtenu les éléments, dans les délais, pour pouvoir transférer les
DPU.
La morale de l'histoire
"Le procès n'est pas l'idéal du
droit", écrivait un doyen de faculté. Certes il est toujours préférable de faire
valoir ses droits à l'amiable, mais quand cela n'est pas possible, alors le
procès est le garant du respect du droit. En matière de DPU, la preuve est faite
que lorsque cela est nécessaire, le droit fournit aux entreprises agricoles les
instruments juridiques de leur pérennité.
article paru dans
TerrA n°17 - édition Finistère - 22 juin
2006