Trop de contraintes, pas assez de solutions : il est temps d’agir !
Edito de Jean-Alain DIVANAC’H, Président de la FDSEA 29
L’actualité internationale est marquée par une instabilité géopolitique persistante. Les tensions commerciales, relancées par les politiques protectionnistes de Donald Trump, continuent de peser sur les marchés agricoles mondiaux. Ce ne sont pas de simples faits politiques lointains : leurs répercussions se font sentir concrètement sur nos filières, nos débouchés à l’export et l’équilibre économique de nos exploitations.
Sur le plan national, la situation budgétaire n’est guère plus rassurante. Les caisses de l’État sont vides et, à court terme, toute promesse de soutien financier risque de rester vaine. Qui plus est, le spectre d’un déclassement financier plane. Dans ce contexte incertain, nous, agriculteurs, sommes contraints de gérer des risques croissants à l’échelle de nos exploitations et nos filières. C’est la compétitivité de notre agriculture qui en pâtit !
Alors, quels leviers activer pour sortir de cette impasse ? Le levier législatif est l’une des meilleures réponses. Hélas, un constat s’impose : les avancées législatives restent désespérément limitées, voire inexistantes. Nous attendons toujours que toutes les promesses faites suite aux mobilisations historiques du début d’année 2024 soient transformées en actes. Nous ne pouvons accepter qu’aux contraintes précédemment évoquées, s’ajoutent les blocages législatifs ! La simplification des normes administratives et environnementales est une urgence : les procédures ne doivent plus freiner nos projets.
Le renouvellement des infrastructures, notamment des bâtiments de production, en est un exemple criant. Ces investissements sont essentiels pour moderniser nos élevages et nos cultures spécialisées, retrouver des marges de compétitivité, et alléger nos charges d’exploitation pour ne plus subir de charges opérationnelles trop lourdes dues à des bâtiments obsolètes, dangereuses ou énergivores. Et pourtant, qui parmi nous n’a jamais été confronté à des procédures aux délais interminables, à de recours systématiques ou des oppositions paralysantes, notamment de la part d’associations ?
Face à cela, la FDSEA 29 poursuit son action avec détermination. Nous continuons de défendre auprès des parlementaires l’examen rapide à l’Assemblée nationale de la proposition de loi visant à lever les contraintes qui pèsent sur notre métier.
Dans ce travail, notre réseau syndical peut s’appuyer sur les compétences et expertises techniques de la Chambre d’agriculture pour répondre au quotidien aux demandes des agriculteurs. L’une des priorités de notre liste Finistère d’Avenir, que les élus sont prêts à mettre en œuvre, est la poursuite des expérimentations au sein des stations de la Chambre d’agriculture pour trouver les meilleures voies de production pour demain, mais aussi pour éviter que les agriculteurs ne s’engagent dans des impasses techniques, notamment sur le bien-être des animaux ou la baisse de protections phytosanitaires.
Le travail de la Chambre dans le département et dans nos territoires sera d’autant plus pertinent que notre réseau saura le solliciter, l’orienter, et en faire un véritable levier de progrès. À nous de jouer collectivement, de porter nos priorités, et de rester force de proposition tout au long de ce mandat !



