7 mai 2024

Pour une agriculture souveraine au sein d’une Europe puissante !

Édito par Jean-Alain Divanac’h, Président de la FDSEA 29

Le sujet des élections européennes est actuellement au cœur des débats. On le sait, ce scrutin sera indéniablement marqué par l’abstention. Pourtant, les enjeux sont énormes, notamment pour notre profession. Notre quotidien est en effet régi par de nombreuses décisions européennes. Alors dimanche 9 juin, faisons des choix responsables, allons voter !

On ne l’a que trop répété, la construction actuelle et les décisions prises au niveau européen nous ont déçus. Les instances européennes sont soumises à la pression de lobbies divers et variés qui influencent les décisions – des décisions prises sans transparence, leur faisant perdre toute crédibilité ! De même, on ne peut que déplorer que des orientations soient prises sans une réflexion à long terme. Prenons l’exemple du Green Deal : construit notamment pour répondre à des injonctions idéologiques, ce plan prône une philosophie décroissante, et cela sans étude d’impact ! Or on le sait bien, toute décision prise au niveau européen aura des conséquences sur les moyens et la capacité à produire. Ce Green Deal doit donc s’inscrire dans un objectif de souveraineté alimentaire et cesser les oppositions entre agriculture productive et environnement, sous peine de mettre l’agriculture en péril.

Si nous connaissons des difficultés, c’est aussi en raison des distorsions de concurrence qui nous empêchent d’être aussi compétitifs que nos voisins. Il est aujourd’hui inacceptable que des produits ou molécules soient interdits dans certains pays, mais autorisés dans d’autres, ou encore qu’il existe des réglementations environnementales avec des seuils différents selon les pays ! Nous appelons donc à des règles communes entre les pays de l’Union européenne, et que la France cesse de nous imposer des surtranspositions et des normes franco-françaises qui grèvent notre compétitivité !

Si nous sommes exigeants avec l’Europe, c’est parce que nous sommes profondément pro-européens. Nous voulons une Europe souveraine, protectrice, durable, prospère ; en un mot, une Europe puissante. Pour cela, l’Europe doit repositionner l’agriculture au centre des politiques européennes et accompagner les agriculteurs. C’est pourquoi nous appelons à des mesures plus incitatives que contraignantes ou punitives.

Les mouvements agricoles de ce début d’année en France comme chez nos voisins européens ont amené à une prise de conscience de la part de la Commission européenne : les agriculteurs ont besoin de simplification et de pragmatisme. Dans ce contexte, on ne peut que saluer les mesures récentes, comme la simplification de la PAC. Que ce changement de logiciel européen, inespéré il y a encore quelques mois, se poursuive !